Visite chez nos voisins de Clermont Ferrand

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Ouverts à tous les modes de transport, même les plus innovants, nous nous sommes rendus à Clermont Ferrand pour tester le tout nouveau "Translohr", tramway sur pneu qui a été tout récemment mis en service sur l'agglomération Auvergnate. Nous avons voulu tester par nous même ce mode tant décrié par les amoureux du mode tramway ferré ou par ceux qui préfèrent les bus en site propre.

Première constatation : il est magnifique ! Avec sa couleur Bordeaux, il a vraiment l'allure d'un tramway "classique" et d'ailleurs, son fonctionnement est exactement identique à celui de notre Citadis lyonnais. En effet, contrairement à son cousin le TVR présent notamment à Nancy, les rames de Clermont sont réversibles (avec 2 postes de conduite), et les véhicules ne sont pas immatriculés (ils ne sont donc pas considérés comme des véhicules routiers mais comme de véritables véhicules ferroviaires). D'ailleurs, ils ne peuvent pas s'écarter de leurs rails, n'étant pas équipés de moteurs auxiliaires thermiques. Le premier aperçu est donc très positif !

Une fois dans la rame, que de désillusions... Malgré la vivacité du véhicule, avec des démarrages très puissants et des freinages énergiques, le roulement est assez désagréable, avec de nombreuses secousses liées au contact pneu / chaussée. Pourtant, la plateforme est neuve, ce qui nous laisse penser que ce mode aura sans doute quelques soucis de vieillesse. Les vitesses affichées sur les TIV sont de 60 km/h, même en ville où la vitesse des véhicules au même endroit est limitée à 50 km/h. Cette vitesse est pourtant rarement atteinte, avec des pointes à 50 km/h, dans un vacarme assez désagréable. En effet, l'arrivée d'une rame est assez bruyante, entre le moteur, le roulement, et quelques bruits metalliques assez suspects.

Pour autant, la vitesse commerciale semble assez proche de celle d'un tramway classique, avec des courbes qui sont prises à une vitesse assez élevée. Les conducteurs sollicitent le matériel (qui se conduit d'ailleurs avec les pieds), et la charge est importante aux heures de pointes (fréquence de 7 minutes).

A la fin de notre voyage, nous sommes donc plein d'interrogations, et le Translohr ne nous a pas du tout convaincu, tout comme le TVR nous avait particulièrement déçu lors de notre visite Nancéenne. Pour autant, nous ne les classons pas dans la même catégorie, le Translohr étant le seul véritable "Tramway sur pneu" parvenant à égaler un tramway fer sur certains segments.

Mise à part la pression de Michelin, dans la patrie du pneumatique, quel est l'intérêt de préférer le roulement pneu au roulement fer moins consommateur en énergie, plus silencieux, plus confortable... ? Tant de questions qui restent sans réponse.

En conclusion : nous avons pu voir un mode de transport innovant, magnifique, performant, mais dont nous n'avons pas réussit à cerner les avantages, mais seulement les inconvénients par rapport à un tramway dit "classique".



Croisement de deux Translohr dans le centre de Clermont Ferrand (63)

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