Urbanisme, périphérie, suburbia...

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amaury
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar amaury » 14 Nov 2018, 09:51:22

C'est une "start-up" qui développe ce concept. Les promoteurs de ce service sont issus de la jeune génération qui à travers les outils modernes numériques de communication mangent de l'anglais à toutes les sauces, directement ou indirectement avec leurs interlocuteurs. Certains (pas forcément eux) en viennent à faire des anglicismes étonnants et emploient des faux-amis sans s'en rendre compte (des objets "versatiles" au lieu de "polyvalents", des gens qui "assument" au lieu de "supposer", des gens qui "blâment", d'autres qui "confrontent quelqu'un"...). Mais pour en revenir au monde du numérique : c'est le royaume de l'anglais.

Je pense donc que le cocktail est : jeunes adultes + numérique + communication / marketing = "lane". :)

P.S. En matière de covoiturage dynamique dans la région, il y a aussi covoit'ici du côté de l'Ouest Lyonnais.
A quand le retour des trolleys sur l'axe A2 ?!? Pourquoi attendre le TOP ??? En attendant, RDV sur les traces du FOL: http://folsaintjust.free.fr.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 14 Nov 2018, 10:19:47

Eh, j'ai peut être un tout petit peu contribué à faire démarrer l'idée de ce machin "Co Voit'Ici" ... :-*

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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar amaury » 14 Nov 2018, 11:08:09

OK. C'est toi qui as choisi le vocabulaire ? ;)
A quand le retour des trolleys sur l'axe A2 ?!? Pourquoi attendre le TOP ??? En attendant, RDV sur les traces du FOL: http://folsaintjust.free.fr.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 14 Nov 2018, 11:46:19

J'ai beaucoup parlé d'auto-stop à organiser localement, pendant 2 salons Primevère et à d'autre occasions, à des gens qui se plaignaient de la forte diminution des services de Cars du Rhône survenues en 2015.

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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 14 Nov 2018, 11:49:57

Je poste ici parce que le sujet porte sur périphérie, suburbia, et que cette couverture de VRU est réalisé dans une banlieue (à desserte TC très prédominante)

https://www.google.fr/maps/@22.385716,1 ... 312!8i6656

dézoomez pour voir l'environnement.

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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 16 Nov 2018, 11:39:41

Salut

https://www.rue89lyon.fr/2018/11/14/pou ... ez-eleves/

Je poste sur ce sujet de discussion (plutôt que dans la revue de presse) parce que la conclusion de Loïc Cédelle est orientée sur l'impérieuse nécessité d'aller contre l'étalement périurbain.
Les données fournies dans les divers liens indiqués dans l'article sont également intéressantes.

Je rappelle d'ailleurs que l'auteur participe ce vendredi 16 soir à une conférence - Forum des Mobilités à Givors :
viewtopic.php?f=1&t=13176

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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar Lyonrail » 16 Nov 2018, 12:35:24

Sauf que la question de base ça reste quand même de savoir pourquoi les gens quittent les villes pour habiter le périurbain. Réponse : parce que le prix de l'immobilier dans ces grandes villes devient de plus en plus prohibitif et inabordable pour nombre d'entre nous. Et là-dessus, aucune réponse n'est pour l'instant apportée par qui que ce soit... (ben oui, mais faut bien laisser le marché vivre de lui-même)
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 16 Nov 2018, 13:50:44

Et comme "on" sait pertinemment que tout le monde est bloqué avec un fil à la patte et aucune possibilité rapide de d'échapper de ce carcan, hop : taxes. :knuppel2: Et bim. :crazy2:
Pression globale protéiforme dans ses manifestations, qui fleurissent et prospèrent plus rapidement que ton taux de rentabilité / bénéfice net / argent pour bouffer et faire des cadeaux à tes gones.

Remettez impôts taxes à donf pour les entreprises en villes/métropoles, argent à reverser et combiner avec les impôts et taxes zéro voire sous en prime dans les petites agglos.
En moins de 5/10 ans, on modifie durablement et profondément la structuration du territoire, son fonctionnement.
Ça, c'est du concret, du dur, du réel. Tu peux payer, tu restes en ville, en vase clôt pour les indéfectibles supporters de l'agglomération empilée.
Pour les autres, majoritaires, qui doivent se respirer les périphéries actuelles et les obligation de km pour le boulot, une approche toute différente, un peu plus propice à une vie belle et sereine.
Très loin de la S'tarte-up-nation imaginée par une minorité névrotique.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 16 Nov 2018, 14:03:14

Salut

Un ami à moi (ancien ingénieur DDE) estime que si des terrains vides bien situés pour être constructibles étaient taxés comme des terrains construits ils seraient très vite mis en vente, et que cela permettrait de "créer du foncier". Mais depuis à peu près 25 ans que les prix de l'immobilier sont partis à la hausse, ça arrange bien du monde qu'ils ne baissent pas.
Ensuite l'aspiration de beaucoup - forte il y a quelques décennies - d'avoir de grandes parcelles autour de la maison, ou de s'isoler, a généré de la consommation d'espace : comment créer une centralité autour d'une gare si toutes les familles réclament entre 1000 et 5000 m2. (là ou j'habite on est environ 50 personnes sur une parcelle de 400 m2, les périurbains volontaires devraient nous remercier de nous sacrifier pour eux)

Prenez un bled comme Montagny : 2500 habitants, les premières maisons à 400 mètres de l'ancienne voie ferrée Brignais - Givors, la Mairie à 2,5 km, les maisons les plus éloignées à 3,15 km. A quoi servirait une gare ?

D'autre part des Maires, pour satisfaire leurs électeurs refusent parfois toute densification en cœur de village (je pense à certains patelins dont le nom se terminent par "au Mont d'Or") ce qui fait qu'il est très difficile par exemple de créer des logements à prix ou loyer modéré pour quelques jeunes qui voudraient s'installer (ou rester) dans le village.

Bref la voiture et une politique urbanistique m.rdique ont généré l'étalement, que seule la voiture arrive à desservir.
En observant les vues aériennes des extensions périurbaines de la France comparées à un certain nombre de pays, on voit qu'on est très loin de pouvoir desservir chez nous en TC comme le sont ces pays (et je ne parle pas que des seuls Pays-Bas, cas très particuliers)

A ceux qui me répondraient "mais tu ne peux pas changer du jour au lendemain" (pour le logement comme pour le déplacement), je dirais qu'il y a au moins 44 ans (René Dumont - campagne des présidentielles 1974) que certains crient de faire gaffe., ou que la première crise du pétrole remonte à 1973.
Mais on laisse courir, et pourrir ...

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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 16 Nov 2018, 18:56:42

Au vu de l'accélération brutale des évènements et des enchaînements, il se pourrait que cela bouge plus rapidement que présagé...
Totalement inattendu, un article dans le Progrès du jour, qui ne nous avais pas vraiment habitué jusque là à des dossiers sur des sujets techniques. L'initiative est à souligner et à encourager, cela fera bouger les lignes...
https://www.leprogres.fr/france-monde/2 ... au-travail
TRANSPORTS Comment les Français vont-ils au travail ?
La gronde des gilets jaunes, qui va s'exprimer samedi, interroge le rapport des Français aux carburants et aux voitures. Pour 7 actifs sur 10, l'automobile est avant tout le moyen d'aller travailler chaque jour. Auto, métro, boulot: petit tour des habitudes des Français dans leurs déplacements.


J'ignore si ce sont des éléments de langage / éléments de réponses, mais la lecture est intéressante...
Près des 3/4 des Français prennent le volant pour aller au travail. En France, la proportion de gens qui vont au travail en voiture est très largement majoritaire : plus de 70% des actifs.

Les transports en commun ne représentent que 15% de leurs trajets. Mais ces chiffres masquent des réalités très contrastées suivant les territoires.


Les Français et la voiture

La proportion de ménages disposant d'au moins une voiture symbolise à elle seule la différence des habitudes entre villes et champs. Et même plus encore, entre Paris et les régions françaises.

Ainsi, dans la capitale (2,2 millions d'habitants), seuls 36% des foyers ont une automobile. Dans l'agglomération strasbourgeoise, ce taux monte déjà à 71% malgré la présence du premier réseau cycliste de France. Le chiffre est sensiblement le même à Lyon (72%) et à Lille (75%).

Et plus on sort des grandes zones urbaines, plus le chiffre grimpe : 88% à Niort, 89% à Toul, 91% à Bourg-en-Bresse, 92% à Pontarlier. Dans ces secteurs, il reste impératif d'avoir une voiture pour se déplacer.


Les transports en commun d'abord à Paris

Conséquence logique de ce constat, les Parisiens, et plus globalement les Franciliens, vont très largement travailler en transports en commun. Dans la capitale, ils sont 68% à utiliser métro, bus ou RER. Et 43% pour toute l'IIe-de-France. Seuls 13% des habitants de cette région utilisent leur voiture.

En région, c'est l'inverse : 78% des actifs prennent leur véhicule pour aller au travail. La part des transports en commun descend à moins de 8%.

Entre Paris et les régions, un seul chiffre est quasi-identique, celui de la proportion d'actifs qui vont travailler en vélo : 4,7% dans la capitale, 4,8% ailleurs. L'Insee précise que les cyclistes sont plutôt "des hommes, urbains et diplômés du supérieur"'.



En province, le vélo pour les petites distances

Toutefois, les provinciaux se distinguent nettement des Franciliens quand il s'agit de choisir le vélo pour une courte distance. De un à deux kilomètres, ils sont près de 14% à monter en selle dans les différentes régions de France. Les Parisiens sont bien en-dessous: moins de 6%.

En Ile-de-France, les transports en commun restent privilégiés pour ces petits parcours.



Parfois plusieurs dizaines de kilomètres à parcourir

L'Insee les appelle les "navetteurs": ce sont ceux qui vivent dans une commune et travaillent dans une autre.

Très logiquement, l'institut relève que dans les secteurs les moins peuplés, cette population doit faire plusieurs kilomètres pour rejoindre son emploi: près d'un tiers parcourt entre 10 et 20 km chaque matin et chaque soir. Et pour environ 15% d'entre eux, c'est 30 à 50 km!

Dans ces territoires où les transports en commun sont inexistants ou presque, la voiture semble donc indispensable.


J'adore la dernière phrase. Comme les animaux. Avec du sel et bien cuit.
On sent presque que le journaliste a mal aux doigts de devoir écrire quelque chose qui va dans le sens opposé à ce qui était la doxa jusques à présent...
Trève d'amabilités, en plus des cartes, graphiques, camemberts et illustrations de l'article, le lien vers la carte de l'Insee apporte son paquet d'infos, et officielles celles là :
https://statistiques-locales.insee.fr/# ... &view=map2
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar alecjcclyon » 18 Nov 2018, 10:29:37

Bonjour,

Le TOP est prévu pour 2030 et je me posais la question de quels types de transport le secteur Porte de Lyon-Saint Genis Laval-Pierre Bénite-Hopital Feyzin Vénissieux aurait besoin ? Plutôt tramway ou BHNS (il faut penser à l'avenir et pas à l'instant t) ?
A ce jour,je trouve qu'il n'y a pas vraiment de TC entre Vénissieux et Pierre Bénite (mis à part le 60 qui nous oblige à faire un détour).
Bon écoutez, c'est simple ma passion c'est les transports.
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Message non lupar nanar » 18 Nov 2018, 11:54:53

Des débuts de réponse

https://www.rue89lyon.fr/2017/12/20/tra ... onne-voie/

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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar xouxo » 18 Nov 2018, 14:08:10

Merci nanar, Article intéressant, même s'il y a quelques raccourcis.
En furetant dans les article similaire sur Rue89, je suis tombé sur ce graphique très intéressant comparant les villes (ou agglomérations, je ne suis pas sûr) d'Atlanta et de Barcelone.

Même population ou presque : :D
Image
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 18 Nov 2018, 20:39:52

alecjcclyon a écrit :Bonjour,

Le TOP est prévu pour 2030 et je me posais la question de quels types de transport le secteur Porte de Lyon-Saint Genis Laval-Pierre Bénite-Hopital Feyzin Vénissieux aurait besoin ? Plutôt tramway ou BHNS (il faut penser à l'avenir et pas à l'instant t) ?

Je me suis souvenu d'avoir soulevé une question un peu semblable : viewtopic.php?f=1&t=12814

Pour faire court :
- au nord :
L'ex A6 passe près de pas mal d'activités (Techlid) mais un peu loin de l'habitat (les premiers immeubles sont souvent assez loin). Ce n'est pas favorable au tram, sauf à créer plein de branches (qui coûtent des pépettes).

En BHNS, un bon site propre sur l'autoroute (avec des LAC pour trolleybus IMC), puis "éclatement" des lignes pour desserte fine sur les rues existantes, (avec circulation sur batteries).

sous Fourvière :
Les BHNS peuvent passer, même sans site propre, si un accès prioritaire au tunnel leur est donné, en bloquant qqs secondes les voitures circulant parallèlement, juste avant l'entrée.

Physiquement les trams pourraient aussi, mais politiquement jamais, il ne faut pas rêver.
Si on juge utile de faire un tunnel supplémentaire pour un tram autant lui donner un profil en "bosse" pour le rapprocher au maximum de la surface et pouvoir créer des stations desservant le plateau du 5ème arrt

de Perrache vers Pierre Bénite :
Avant de faire un tramway au sud du Pont Pasteur, il faut utiliser de la façon la plus dense et efficace possible la voie ferrée Perrache - Oullins - Givors (3 ou 4 fois plus de circulations, des gares supplémentaires).

En BHNS, mon point de vue : le site propre (avec LAC pour trolleybus IMC) placé côté immeubles : sur les quais Perrache (Lyon 2è), de la Libération et Pierre Semard (La Mule'), et sur les avenues J. Jaurès (Oullins) et de l'Europe (Pierre Bénite).
Les voitures passent plutôt sur l'ex A7 (sur la chaussée nord-sud recalibrée en boulevard urbain 2 * 2 voies.
Les trolleybus ici aussi "éclatent" pour la desserte fine, opérée sur batteries.

Un pont entre Oullins La Saulaie et le bas de Gerland leur permet d'aller sur St Fons et Oullins.
A terme, si le port Edouard Herriot est neutralisé au point de vues risques industriels, un viaduc peut franchir les darses pour raccourcir ce trajet.

Voilà. :) et on se passe du TOP

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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 20 Nov 2018, 11:25:51

REPORTAGE DE MADAME ANNE CATHERINE HUSSON TRAORE DIRECTRICE GENERALE DE NOVETHIC
https://www.novethic.fr/qui-sommes-nous.html

DÉCRYPTAGE] GILETS JAUNES : LES RÊVES BRISÉS DE LA FRANCE DES RONDS-POINTS
Samedi 17 novembre, 2 000 rassemblements en France ont réunis282 000 gilets jaunes à travers la France pour protester contre la hausse des taxes sur les et plus généralement sur la baisse de leur pouvoir d’achat. À travers ce mouvement, c’est en réalité un modèle d’aménagement périurbain qui est dénoncé car il n’est aujourd’hui plus tenable.

Avec les gilets jaunes vient de naître un nouveau type de manifestations dont le mot d’ordre, surligné en jaune fluo, est la colère sur fond de trahison dont s’estiment victimes les habitants des zones dites "périurbaines". Cette terminologie sociologique recouvre une partie de la population française qui a voulu protester contre le prix de l’essence en utilisant ce qui fait son quotidien : les routes et les ronds-points !

Dans ces zones "mi-ville, mi-campagne", les lotissements ont fleuri depuis les années 80 amenant leur kyrielle de ZAC et de ZAD. Ils étaient supposés offrir à leurs habitants tous les rêves de "confort moderne" avec ses supermarchés pour s’alimenter et s’habiller, ses bureaux fonctionnels dans ces constructions précaires sur deux étages. Le tout accessible par un et seul unique moyen de transport : la voiture, gage de liberté de mouvement.

Ce rêve implicite est en train de se briser sur une réalité : l’insoutenabilité économique du modèle !

Les maisons sont la plupart du temps achetées à crédit. L’endettement des Français ne cesse d’augmenter. L’encours des crédits immobiliers représentait 63 % des revenus disponibles en 2015 contre seulement 34 % en 2001. Le taux d’endettement des ménages français est passé, selon la Banque de France, de 88,8 % de leurs revenus en juin 2016 à 93,9 % en juin 2018. À titre indicatif, il est de 131 % aux États-Unis. Le volume de crédits immobiliers atteint aujourd’hui 1 131 milliards d’euros sur un volume global de crédits au ménage de 2 040 milliards d’euros : plus de la moitié

Aménagement du territoire
Or l’équilibre budgétaire des Français aux revenus modestes qui veulent réaliser leurs rêves de possession d’une maison individuelle est très précaire et l’augmentation du prix de l’essence le fragilise plus encore. C’est encore pire pour les maisons construites en zones inondables dont la valeur marchande diminue à chaque inondation et finit par s’évaporer avant la fin du crédit pris pour l’acheter.

Que faire ? Repenser l’aménagement du territoire en s’attaquant de front à la question des mobilités.
Le gouvernement doit examiner, le 21 novembre, un projet de loi sur le sujet. Il a été interpellé par 23 ONG dont le WWF et Greenpeace dans une tribune publiée le 12 novembre dernier. Elles lui demandent d’adopter une politique de transports socialement juste et cohérente avec l’urgence climatique précisant : "Il faut libérer notre pays de son addiction au pétrole en raison d'une politique des transports axée depuis des décennies sur le recours à la voiture et un aménagement du territoire qui a allongé les distances à parcourir." 

Et on en revient aux ronds-points construits avec l’argent des contribuables. On en compte entre 40 000 et 50 000 sur tout le territoire ! Ils ont façonné cette France péri urbaine qui s’exprime aujourd’hui. Or cette dernière mérite pourtant d’autres modèles urbains que ceux qui consistent à faire tourner en rond des automobilistes en gilets jaunes.

Anne-Catherine Husson-Traore,  @AC_HT, Directrice générale de Novethic



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TRANSITION ÉNERGETIQUE - Publié le 16/11/2018



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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 20 Nov 2018, 13:19:43

Merci pour l'article. :pouce:

Après lecture... Mais, euh, et ?
Le constat est fait depuis longtemps, la rédactrice enfonce un peu une porte non pas ouverte, mais tout simplement une absence de porte.
Peut-être qu'il serait temps de passer à autre chose, toussa, mais si je regarde attentivement, il a bien fallu que des individualités, pour une fois non agrégées dans un système balisé, passent en mode grosse grogne / ras le bol, pour qu'apparaisse enfin un début de prise de conscience.

Et le ras le bol ne découle pas uniquement de la difficulté à souscrire quotidiennement aux impératifs du modèle, qui est logique, raisonnable, équilibré et normal ; il découle du constat que le résultat des efforts considérables d'une part majoritaire de la population ne sont pas redistribués, voire même ne sont pas utilisés du tout pour effectuer le changement de modèle arrivé à la fin de son cycle.

C'est ça qui est insupportable. Et qui s'est exprimé jusque là de façon diffuse, larvée, sporadique et inefficace, en tout cas inaudible et invisible.

Et là, d'un coup, d'un seul, paf. Un outil que tout le monde a sous la main. Et pour cause, il a été rendu obligatoire. Un outil voyant. Et pour cause, c'est fait pour. Un outil qui passe merveilleusement sur les photos et les vidéos, même en définition merdique, même pris de loin avec un grand angle pour minimiser le nombre. Et on joue à "where is Charlie"... sans rentrer dans une logique de référencement, contrôle, adhésion à, soumission à, etc. que ce soit un parti ou un syndicat : la plupart des Gilets Jaune n'ont jamais manifesté. Incroyable ! Ça en bouche une surface, hein ? Ça met la traquette, mh ?


Le client, c'est celui qui paye. C'est celui qui nourrit le prestataire, le fournisseur, qui en retour doit la considération et le respect de ses clients, ce qui inclut l'efficacité, pas de se servir d'abord et facultativement ensuite servir le client. Point barre.
Il semblerait que pour le personnel politique qui touche des indemnités pour faire le travail, la compréhension de cet ordre naturel des choses soit légèrement contournée, voire interprétée, parfois à grand renfort de référentiel, de cadre juridique, de dispositifs hermétiques. Idem pour les banques, les locations d'appartements, etc.

Tout ce personnel au sens large, se considérant "à part", auquel la plupart des Gilets Jaune doit se confronter de plus en plus souvent juste pour survivre : ce personnel a juste oublié que ceux qui les payent sont physiquement et moralement leurs clients, voire leurs actionnaires, compte tenu des sommes versées au titre des frais, paiements, salaires, indemnités, etc. qui leur sont versées.

Et quand en plus le personnel payé pour faire tourner la boutique ne fait pas le nécessaire, pas correctement, pas avec rigueur et conviction, il ne faut pas s'étonner que les actionnaires de la boutique y trouvent à redire (en générant un foisonnement de doléances façon inventaire à la Prévert, pas du tout farfelu, mais qui illustre concrètement tout ce qu'ils doivent se respirer au quotidien).


Un article pour éclairer différemment, dans un bon journal de tendance libérale dure (voyez le pédigrée du rédacteur) ;D
https://blogs.letemps.ch/laurent-horvat ... alyse-qui/

Pour en revenir au sujet, je serai assez surpris qu'on puisse réparer en trois mois (Ou en moins de 3 ans d'ailleurs...) les erreurs de choix, les carences stratégiques, les orientations scélérates, les dégâts causés par cet agglomérat de gens (venus aux manettes en poussant dehors les équipes de la remise en route de l'après guerre), qui ont organisé la destructuration du territoire en faisant un max de thunes, et qui en plus s’agrippent aux branches.

On ne va pas trouver d'un coup de baguette magique la solution :
> à l'étalement urbain
> à la métastase commerciale périphérique (sauf à interdire de toute activité pendant 25 ans ces ensembliers, promoteurs, et financiers 'qui font des coups' puis laissent les friches en devenir sans s'en soucier le moins du monde)
> etc.

On commence enfin à mettre sur la place publique les vrais problèmes de plus des 3/4 des français. Le 1/4 restant a des problèmes de compréhension. Passer à la phase active intelligente serait un bon début, tout comme ratiboiser l'ensemble des indemnités des élus au niveau du salaire médiant. Tu veux plus de thunes ? Ebin tu te débrouilles pour que le salaire médiant augmente. Simple, non ? (Et je ne parlerai pas de tous les à cotés liés aux fonctions, qui permettent aussi de survivre semble t-il) :police: .
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 20 Nov 2018, 15:22:37

Il y a une chose qui m'inquiète franchement dans beaucoup de prises de paroles (dont celle de l'éditorialiste Laurent Horvat, que tu cites en lien) c'est la croyance (béate, ou simulée ?) que l'électrification des voitures va arranger les choses et constituer un vrai pas pour la transition.
On se dirige vers la création d'un nouveau monstre pour remplacer le monstre pétrolier. >:(

Par ailleurs, s'il te semble que "la rédactrice enfonce un peu une porte non pas ouverte, mais tout simplement une absence de porte", je me demande un peu comment il se fait que tant de gens n'ont encore visiblement pas encore entrevu ni passé la tête par ladite ouverture.
Car nom d'une pipe, les avertissements ne manquent pas, depuis des années, pour dire que le système va dans le mur.
Mais il y a encore plein de gens pour juger que c'est des bobards et traiter les écolos d'allumés dangereux, plutôt que d'accepter le début de l'idée de commencer à remettre vraiment en question leurs modes de vie. En doutes-tu ? Lis donc le courrier des lecteurs du Progrés et autres journaux locaux à chaque article sur l'A45.

Un président libéral (et arriviste) a été élu par les Français il y a un an et demi.
Il adopte la méthode libérale : mettre en place des "indicateurs financiers" et "laisser faire le marché".
A chacun ensuite de tirer son épingle du jeu.
Quelqu'un a un jour, pour définir le libéralisme, dit "un renard libre dans un poulailler libre". Les gilets jaunes sont-ils de petits poussins ?.


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Message non lupar amaury » 20 Nov 2018, 22:15:33

Les gens qui manifestent ne sont pas contents parce que c'est de plus en plus difficile de boucler les fins de mois. Voilà. C'est dit. C'est le seul point commun que j'ai trouvé dans la diversité des discours. Ils ont l'impression de se faire avoir en matière d'imposition alors que des allègements sont consentis aux plus riches. Et voilà que l'essence augmente beaucoup. Là, ils voient rouge. Dès lors, ils déroulent le discours :
  • Lorsqu'on travaille dans certains secteurs, on n'a pas le choix, il faut une voiture.
  • Lorsqu'on est en famille avec deux enfants, il est impossible de rester en ville et il faut partir loin en périphérie pour avoir un 4 pièces décent
  • Lorsqu'on a des enfants, il faut les emmener à l'école. Comment on fait sans voiture ?
  • Dans les zones moins denses, on supprime les lignes. (re)Mettez-nous des transports collectifs et on les prendra !
Certaines de ces assertions sont fausses parce qu'elles généralisent (j'ai vérifié avant de le dire...) mais c'est comme ça que les gens voient les choses.

Cette France qui manifeste, ce n'est pas la France de la pauvreté, celle qui est "tout en bas de l'échelle" (ceux-là n'ont même pas de voiture, pas obtenu de prêt pour tenter de devenir propriétaires et vivent plutôt en centre-ville ou autres quartiers de relégation périphériques). La France qui manifeste en gilet jaune, c'est la France juste au-dessus. Celle qui est croyait pouvoir accéder au modèle qui la fait encore rêver : la maison pavillonnaire avec un bout de terrain (on est chez soi, on peut inviter des amis, on peut faire un barbec tranquille, on a de la place, on est dans une ambiance plus calme...). Celle qui veut accéder à ce qu'elle considère comme la normalité : le grand écran plat, les tablettes... Je suis d'autant plus à l'aise pour en parler que c'est exactement mon histoire familiale avec une enfance dans le périurbain et l'incapacité de rembourser le prêt qui nous oblige à déménager. Mais on n'est pas là pour parler de mon vécu ! ^-^

Dans la France qui manifeste en gilet jaune, il y en a qui exècrent les plus pauvres, ceux qui sont accusés de fainéantises, "ceux pour qui on paye".
Pour d'autres manifestants, les ennemis, ce sont les "bobos", la fameuse figure repoussoir des gens pleins de fric qui peuvent se permettre de manger bio, de vivre dans des endroits qui offrent la possibilité de se déplacer sans voiture mais qui sont accusés aussi tour à tour d'être propriétaires de grosses voitures hybrides ou 100% électriques, de partir en vacances en avion...

Derrière tout ça, il y a évidemment le fameux sentiment de déclassement. On sait aujourd'hui que "l'ascenseur social" est en panne. On entend bien qu'il faut se serrer la ceinture, tant sur le plan économique que sur le plan énergétique, d'émissions de polluants ou de gaz à effet de serre. On l'entend mais on pense que tout le monde n'est pas soumis aux mêmes règles. Les refrains habituels ressortent alors :
  • Les riches pollueraient plus. On accuse notamment l'effet barbecue (qui pourtant n'existe pas) en ressortant un sketch célèbre de Groland en lui attribuant autre chose que ce qu'il est : un moyen de rappeler que la soutenabilité, ce n'est pas une question de "bons gestes".
  • Et puis les voitures, après tout, ça pollue quoi par rapport à un immense bateau ?
  • On cite (et j'en suis agréablement surpris !) les détaxations comme celle sur kérosène pour dire que l'argent devrait être pris là
Cette liste n'est évidemment pas exhaustive ! On ne dit pas qu'on veut bien faire des efforts parce qu’on a compris l'urgence d'en faire tous à notre petit niveau. On dit que ce sont les autres qui doivent d'abord en faire parce que nous, on n'a pas le choix.

Maintenant que tout ça est dit, je reviens à l'article plus haut. Ce qui me semble intéressant, c'est le fait de rappeler que ce mouvement est intimement lié à la voiture : il a commencé autour de la protestation contre la hausse des prix à la pompe, il s'est poursuivi avec le gilet jaune et enfin, les premiers lieux visés sont des lieux essentiels aux automobilistes du périurbain. ça commence à faire beaucoup... Mais la question que je me pose, c'est : que va-t-il sortir de tout ça ?
  • Solution A = Le gouvernement garde le cap. Aux prochaines élections, le populisme continue sa progression et on s'assoit définitivement sur toute perspective de créer les conditions d'un développement soutenable.
  • Solution B = Le gouvernement cède. Comme pour les boulets rouges (pardon, "bonnets rouges"), on se prend encore 10 ans dans la vue avant de commencer à changer quelque chose.
  • Solution C = Même s'il faudra forcément gérer la situation actuelle, on cherche à créer les conditions d'une mobilité soutenable en reprenant les recettes qui marchent ailleurs et afin que personne ne soit VRAIMENT obligé de prendre sa voiture :
    Aménagement du territoire
On réagit façon tempête Xynthia en faisant un moratoire sur la création de zones d'activité en dehors des secteurs desservis directement par les TCSP (ou au prix d’investissements raisonnables),
on impose à tout projet d'aménagement d'intégrer dans son bilan comptable les coûts de déplacements tant directs qu'indirects
on gèle l'urbanisation en-dehors centres-bourgs existants tout en rendant le droit de préemption systématique,

    Habitat / logement
on supprime toutes les aides à la construction de maisons pavillonnaires, on redistribue les aides correspondantes sur la rénovation de l'existant ou la construction de collectif BBC à énergie positive,
on généralise les taxes sur les logements vacants dans toutes les zones "urbaines" (y compris centres-bourgs),

    Fiscalité environnementale
On supprime toutes les détaxations sur les carburants en redistribuant les produits de cette taxe sur l'aide à des déplacements plus propres
On maintient la taxe carbone en redistribuant les produits de cette taxe sur critères sociaux,
On taxe toutes les activités économiques et tertiaires en fonction du nombre de places de parking proposées et on redistribue le produit de cette taxe sur la réalisation de plans de mobilité et l'aide à l'installation près de secteurs desservis par des TCSP
On réduit les taxes pour toutes les activités économiques (y compris commerces) installées à côté d'un TCSP

    Transport
puisque toutes les intercommunalités deviendront autorités organisatrices de la mobilité dans la LOM, on les oblige toutes à créer des jalonnements pour se déplacer à pieds et à vélo depuis n'importe quelle commune vers toutes les communes voisines (par ex., en passant des accords pour utiliser les chemins agricoles),
on gèle tout aliénation de voie ferrée et on oblige à géoréférencer toutes les voies ferrées ayant existé et connaitre les propriétaires actuels des parcelles,

Vous croyez à quelle solution ? ??? Quand on voit un mouvement qui part sur le prix de l'essence, je peux me tromper, mais j'ai de gros doutes sur la solution C... :-\
A quand le retour des trolleys sur l'axe A2 ?!? Pourquoi attendre le TOP ??? En attendant, RDV sur les traces du FOL: http://folsaintjust.free.fr.
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Message non lupar Alain » 21 Nov 2018, 15:54:20

Amaury président ! (ou au moins ministre de la Transition écologique et solidaire)
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Message non lupar yanns040586 » 21 Nov 2018, 16:11:29

Pas mieux, beau résumé de la situation...
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Message non lupar man-x86 » 24 Nov 2018, 23:20:16

Merci pour ce pavé :pouce:.

Je n'y adhère pas complètement, mais j'apprécie la réflection qu'il y a derrière.

amaury a écrit :Les gens qui manifestent ne sont pas contents parce que c'est de plus en plus difficile de boucler les fins de mois. Voilà. C'est dit. C'est le seul point commun que j'ai trouvé dans la diversité des discours. Ils ont l'impression de se faire avoir en matière d'imposition alors que des allègements sont consentis aux plus riches. Et voilà que l'essence augmente beaucoup. Là, ils voient rouge. Dès lors, ils déroulent le discours :
  • Lorsqu'on travaille dans certains secteurs, on n'a pas le choix, il faut une voiture.
  • Lorsqu'on est en famille avec deux enfants, il est impossible de rester en ville et il faut partir loin en périphérie pour avoir un 4 pièces décent
  • Lorsqu'on a des enfants, il faut les emmener à l'école. Comment on fait sans voiture ?
  • Dans les zones moins denses, on supprime les lignes. (re)Mettez-nous des transports collectifs et on les prendra !
Certaines de ces assertions sont fausses parce qu'elles généralisent (j'ai vérifié avant de le dire...) mais c'est comme ça que les gens voient les choses.

Cette France qui manifeste, ce n'est pas la France de la pauvreté, celle qui est "tout en bas de l'échelle" (ceux-là n'ont même pas de voiture, pas obtenu de prêt pour tenter de devenir propriétaires et vivent plutôt en centre-ville ou autres quartiers de relégation périphériques). La France qui manifeste en gilet jaune, c'est la France juste au-dessus. Celle qui est croyait pouvoir accéder au modèle qui la fait encore rêver : la maison pavillonnaire avec un bout de terrain (on est chez soi, on peut inviter des amis, on peut faire un barbec tranquille, on a de la place, on est dans une ambiance plus calme...). Celle qui veut accéder à ce qu'elle considère comme la normalité : le grand écran plat, les tablettes... Je suis d'autant plus à l'aise pour en parler que c'est exactement mon histoire familiale avec une enfance dans le périurbain et l'incapacité de rembourser le prêt qui nous oblige à déménager. Mais on n'est pas là pour parler de mon vécu ! ^-^


À ce niveau-là, il y a aussi une "injustice" de générations, avec la génération de ceux qui sont nés entre 1940 et 1970 qui ont (en moyenne) profité d'un coût de la vie très abordable, une qualité de vie raisonnable et relativement peu d'inégalités :

  • Immobilier peu cher et dont la valeur a énormément augmenté (malgré les "services" des banques pas forcément abordables)
  • Peu de concurence pour l'emploi, caisses de retraites pas trop déficitaires (avec certaines "retraites dorées" à 50 ans), assurance maladie cheap
  • Transports individuels cheap autour duquel le mode de consommation s'est construit (supermarchés éloignés, eau en bouteille, poulet Brésilien, destruction/recyclage d'emballages au lieu de consignes)
  • inégalités "raisonnables" (rapport de salaire "raisonnable" entre un ouvrier et un président de grand-groupe)
Forcément, c'est loin d'être parfait (exode-rural qui a laissé des gens isolés, inégalités croissantes entre les villes et les campagnes, chocs pétroliers, ouvriers exposés à des tas de substances dangereuses).

amaury a écrit :Dans la France qui manifeste en gilet jaune, il y en a qui exècrent les plus pauvres, ceux qui sont accusés de fainéantises, "ceux pour qui on paye".
Pour d'autres manifestants, les ennemis, ce sont les "bobos", la fameuse figure repoussoir des gens pleins de fric qui peuvent se permettre de manger bio, de vivre dans des endroits qui offrent la possibilité de se déplacer sans voiture mais qui sont accusés aussi tour à tour d'être propriétaires de grosses voitures hybrides ou 100% électriques, de partir en vacances en avion...


Je ne pense pas être entouré par des citadins et des riches (mais pas des pauvres non-plus), mais j'ai remarqué que la façon d'utiliser son argent diffère beaucoup dans une même classe.

Autant je trouve débile le fait de surconsommer, j'ai vu un paquet de personnes vivre "normalement" (maison toute simple sans luxe, travaux soi-même, une seule "vieille" voiture), avant de découvrir que ces personnes avaient plusieurs milions d'Euros sur leur compte en banque.

Pareil avec de la pression sociale avec des "jeunes" issus de familles riches qui se lancent dans l'achat de biens totalement au dessus de leurs moyens. Tout comme une personne de classe sociale différente prendait un smartphone, un téléviseur ou une voiture simplement comme marqueur social.

amaury a écrit :Derrière tout ça, il y a évidemment le fameux sentiment de déclassement. On sait aujourd'hui que "l'ascenseur social" est en panne. On entend bien qu'il faut se serrer la ceinture, tant sur le plan économique que sur le plan énergétique, d'émissions de polluants ou de gaz à effet de serre. On l'entend mais on pense que tout le monde n'est pas soumis aux mêmes règles. Les refrains habituels ressortent alors :
  • Les riches pollueraient plus. On accuse notamment l'effet barbecue (qui pourtant n'existe pas) en ressortant un sketch célèbre de Groland en lui attribuant autre chose que ce qu'il est : un moyen de rappeler que la soutenabilité, ce n'est pas une question de "bons gestes".
  • Et puis les voitures, après tout, ça pollue quoi par rapport à un immense bateau ?
  • On cite (et j'en suis agréablement surpris !) les détaxations comme celle sur kérosène pour dire que l'argent devrait être pris là
Cette liste n'est évidemment pas exhaustive ! On ne dit pas qu'on veut bien faire des efforts parce qu’on a compris l'urgence d'en faire tous à notre petit niveau. On dit que ce sont les autres qui doivent d'abord en faire parce que nous, on n'a pas le choix.


Il n'y a pas que les transports et l'énergie qui polluent, loin de là.
La construction de bâtiments, la logistique, les vêtements, l'équipement électronique et électro-ménager "jetable", l'automobile (fabrication/destruction), les emballages, l'agriculture industrielle, l'élevage industriel.

Le fait d'habiter en ville n'est pas plus ou moins propre que d'habiter à la campagne. Certes, le transport et le chauffage peuvent être mieux, mais le reste n'est pas en faveur d'un mode de vie citadin.

amaury a écrit :Maintenant que tout ça est dit, je reviens à l'article plus haut. Ce qui me semble intéressant, c'est le fait de rappeler que ce mouvement est intimement lié à la voiture : il a commencé autour de la protestation contre la hausse des prix à la pompe, il s'est poursuivi avec le gilet jaune et enfin, les premiers lieux visés sont des lieux essentiels aux automobilistes du périurbain. ça commence à faire beaucoup... Mais la question que je me pose, c'est : que va-t-il sortir de tout ça ?
  • Solution A = Le gouvernement garde le cap. Aux prochaines élections, le populisme continue sa progression et on s'assoit définitivement sur toute perspective de créer les conditions d'un développement soutenable.
  • Solution B = Le gouvernement cède. Comme pour les boulets rouges (pardon, "bonnets rouges"), on se prend encore 10 ans dans la vue avant de commencer à changer quelque chose.
  • Solution C = Même s'il faudra forcément gérer la situation actuelle, on cherche à créer les conditions d'une mobilité soutenable en reprenant les recettes qui marchent ailleurs et afin que personne ne soit VRAIMENT obligé de prendre sa voiture :
    Aménagement du territoire
On réagit façon tempête Xynthia en faisant un moratoire sur la création de zones d'activité en dehors des secteurs desservis directement par les TCSP (ou au prix d’investissements raisonnables),
on impose à tout projet d'aménagement d'intégrer dans son bilan comptable les coûts de déplacements tant directs qu'indirects
on gèle l'urbanisation en-dehors centres-bourgs existants tout en rendant le droit de préemption systématique,

    Habitat / logement
on supprime toutes les aides à la construction de maisons pavillonnaires, on redistribue les aides correspondantes sur la rénovation de l'existant ou la construction de collectif BBC à énergie positive,
on généralise les taxes sur les logements vacants dans toutes les zones "urbaines" (y compris centres-bourgs),

    Fiscalité environnementale
On supprime toutes les détaxations sur les carburants en redistribuant les produits de cette taxe sur l'aide à des déplacements plus propres
On maintient la taxe carbone en redistribuant les produits de cette taxe sur critères sociaux,
On taxe toutes les activités économiques et tertiaires en fonction du nombre de places de parking proposées et on redistribue le produit de cette taxe sur la réalisation de plans de mobilité et l'aide à l'installation près de secteurs desservis par des TCSP
On réduit les taxes pour toutes les activités économiques (y compris commerces) installées à côté d'un TCSP

    Transport
puisque toutes les intercommunalités deviendront autorités organisatrices de la mobilité dans la LOM, on les oblige toutes à créer des jalonnements pour se déplacer à pieds et à vélo depuis n'importe quelle commune vers toutes les communes voisines (par ex., en passant des accords pour utiliser les chemins agricoles),
on gèle tout aliénation de voie ferrée et on oblige à géoréférencer toutes les voies ferrées ayant existé et connaitre les propriétaires actuels des parcelles,

Vous croyez à quelle solution ? ??? Quand on voit un mouvement qui part sur le prix de l'essence, je peux me tromper, mais j'ai de gros doutes sur la solution C... :-\


Je suis globalement d'accord, mais avec de grosses réserves sur certains points :
  • Pourquoi ne pas geler l'urbanisation aussi dans les centres-villes? Le fait d'avoir quelques agglomérations "obèses" entourées par une banlieue et des déserts n'est pas génial, une distribution plus homogène ne ferait pas de mal, mais c'est uniquement possible à très long terme.
  • Pourquoi faudrait-il aider les gens à se déplacer de façon "propre", vu que c'est bien souvent plus rentable sur le long terme.
  • Le fait d'avoir un système de taxes compliqué n'est pas très lisible en plus de ne pas être très juste (effet de seuil)
  • Pourquoi ne pas avoir des taxes de "gaspillage"? Par exemple VW qui veut détruire des voitures en état correct mais "polluantes" au lieu de les remettre à niveau, vêtements fabriqués en Asie du sud-est, supermarchés qui vendent des Chinoiseries avec un rapport >10 par rapport aux sites de vente Chinois (qui se font déjà du profit).

Le pire, c'est que le prix du pétrole est actuellement plus faible qu'habituellement (pour des raisons plus politiques que techniques).

En Allemagne (où le pétrole vient en grande partie de la mer du Nord et est raffiné à plusieurs points du pays), l'excuse des carburants chers (Essence E10 à 1.55~1.60EUR/L cette semaine) vient de la sécheresse qui a beaucoup réduit le niveau des lacs et des rivières, rendant la navigation difficile (péniches partiellement chargées et moins de trafic possible), obligeant à compenser avec des camions...

En Bavière, les journaux télévisés parlaient de bouchons et comptaient la proportions de voitures Allemandes dans les stations à essence Autrichiennes près de la frontière, qui restent avec des prix abordables (quand j'ai fait un trajet Allemagne, Autriche, Suisse, France en voiture pendant l'été dernier, j'avais noté 1.45EUR/L, 1.25EUR/L, 1.35EUR/L, 1.55EUR/L).
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Message non lupar nanar » 28 Déc 2018, 00:44:35

Reconquerir les autoroutes urbaines

https://www.youtube.com/watch?v=ElNbALTqKvo


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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar alecjcclyon » 03 Jan 2019, 18:47:08

https://www.lyonmag.com/article/98771/l ... -2-janvier
De quoi booster le secteur !
On prolonge la 7 via Medipole,Montchat Kimmerling, Hôpitaux Est Pinel puis terminus Hôpitaux bus C9,pour que les hôpitaux et cliniques travaillent en étroite collaboration. Au fait la 7 passe aussi par la clinique de Vaulx et le T6 passe à l'hôpital Jean Mermoz (à 5 min de marche de la station Mermoz Californie) ;)
De quoi apporter un souffle aux lignes C3,C8 et 37...
Tout en offrant la liaison rocade pour relier Lyon 8 et Vénissieux via la ligne T6 (sans passer par Charpennes et Part Dieu).C'est tout simplement LA ligne synthétique !
Estimation temps de trajet : Laurent Bonnevay- Hôpitaux (terminus C9) : 10 min à 12 min
Nanar avait trouvé que l'idée de cette liaison était bonne.
Bon écoutez, c'est simple ma passion c'est les transports.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 01 Mai 2019, 15:47:05

Retour sur la réflexion... avec un exemple 'lointain' mais significatif

https://www.lamontagne.fr/aurillac-1500 ... 8/#refresh

Alarmés par les fermetures et la fréquentation des boutiques du centre d'Aurillac, des commerçants et des habitués confrontent leurs points de vue. Un premier pas pour tenter de sauver le troisième pôle commercial de la vitrine du Cantal.

La colère froide est telle que, ce soir-là, cette commerçante ne s’est pas encombrée de détails au moment de débattre lors d’une réunion publique de l’attractivité commerciale du centre-ville d'Aurillac. « Depuis le début de l’année, je n’ai jamais vu ça. C’est une catastrophe. Je ne sais pas si vous voyez tous les magasins qui ferment le rideau, la fréquentation que nous avons, c’est dingue. » Un habitant abonde et se dit « effaré ».


Solide mais toujours plus contesté, le centre-ville d'Aurillac (Cantal) face à son déclin : https://www.lamontagne.fr/aurillac-1500 ... _13551093/

Voilà pour le constat. Alors, pour éviter la « dégringolade », ils sont plusieurs commerçants à miser sur la gratuité du stationnement, notamment des parkings. Ce propriétaire de chambre d’hôte s’étonne pour sa part que lors d’une précédente réunion, les participants défendaient la solution d’un centre-ville « totalement piéton ».

Aux portes du centre-ville aurillacois, entre le cours Monthyon et la rue du Rieu, Quartus prévoit de réaliser sur l’îlot des Frères-Charmes un espace commercial, des surfaces tertiaires ainsi qu’une vingtaine de logements en accession à la propriété et à la location. La commercialisation de ces derniers serait bouclée. En revanche, une deuxième arrivée de poids se faire attendre après celle annoncée de la Fnac.

Alors que la solution des deux heures gratuites au Gravier le samedi après-midi peine à prouver son intérêt, l’association des commerçants et la mairie négocient actuellement pour proposer aux clients du temps de stationnement gratuit. En échange d'un achat dans une boutique adhérente, le client se verrait remettre un ticket de stationnement, à utiliser une prochaine fois. Environ 120 boutiques sont adhérentes de l’association Espace centre-ville, et les négociations portent sur 20.000 heures de stationnement à distribuer par an.


Changer de modèle

Une autre commerçante voit d’un mauvais œil les franchises qui « font mourir d’autres petits commerces à côté ». Selon elle, la priorité serait pour les artisans présents depuis des années de « se maintenir et se valoriser, mais pas de les étouffer. On n'a pas ce qu'il faut réellement pour consommer comme la quincaillerie par exemple. Il y a de moins en moins de bouchers. Valorisons les commerces alimentaires et le travail avant que les boutiques ferment plutôt que de chercher des franchises. C'est le modèle qu'il faut changer, soyons créatifs, innovants. Toutes les villes se ressemblent, soyons différents. »


14 %La part des enseignes nationales installées dans l’hypercentre aurillacois. C’est deux points de plus qu’en 2010. Sans surprise, l’équipement à la personne est principalement concerné (90 %). Cela représente 38 boutiques sur 264.


« Il faut de tout, rétorque Claire Chatonnier, coprésidente de l’association des commerçants du centre-ville. On a besoin de moteurs. Les touristes trouvent qu’il manque des grandes enseignes. » Un Aurillacois issu du secteur touristique tente de lier le débat sur l'attractivité commerciale du centre à celle du tourisme. Et, d'après lui, une chose est certaine : « Il n'y a pas de touristes. » Il étaye : « Je reçois des gens qui trouvent le centre-ville superbe. Il faut sauvegarder la diversité mais, les gens qui visitent veulent aussi voir de grandes enseignes. Il y a de la marque mais il y a aussi de nouveaux modes de consommation. »


Rues "glaciales"

Près d’un local sur cinq est fermé en centre-ville d'Aurillac.

Noémie Richart, cogérante de Biocoop L'arbre à pain, en périphérie d'Aurillac, admet que ce qui freine son projet d’investir le centre, ce sont les surfaces « trop petites » et cette fâcheuse tendance qu’ont les anciens commerces à se transformer en garages. « Cela rend les rues comme celle du Salut glaciales. Ça bloque le développement. » L'état des lieux de celle qui est aussi présente au marché couvert le samedi matin porte également sur l'offre alimentaire, devenue dit-elle « très compliquée ».

Et Noémie Richart d'appuyer : "C'est le néant total. Il y a des zones où le commerce de bouche est abandonné."
Ce qui n'est pas forcément vrai, en hypercentre, d'après les chiffres d'une enquête menée par la municipalité. Entre 2010 et 2018, la part de l'offre commerciale alimentaire s'est maintenue à 8 %. En revanche, lorsque l'on se tourne vers des communes au profil similaire à celui d'Aurillac, ce marché pèse en moyenne deux fois plus.

Malik Kebour


Dans ce type de contexte, la logique des TC s'articule difficilement avec le transfert des flux du centre ville vers la périphérie, strictement et exclusivement organisés autour de la voiture.

Un signal à prendre en compte aussi : l'essouflement du modèle de l'hypermarché, qui a atteint son palier et est entré dans la phase du reflux (voir les annonces de fermetures). Mais cependant, la faune des constructeurs de mini centres commerciaux continue de nuire, et de dévaster (avec la coopération actives d'élus manquant de vision) des milliers d'hectares de surfaces planes, agricoles pour la plupart alors qu'on en a désormais besoin pour bouffer !

Cela laisse augurer un prochain changement des principes de structuration de l'espace urbain et de la périphérie, où l'on aura très probablement un nouveau phénomène de friches identiques à ce qui s'est produit dans le processus de désindustrialisation, avec les milliers de m² abandonnés en deshérence, friches industrielles ou commerciales avec des milliers de m² de parkings dont personne ne sait que faire...

Ce genre :
Coups de coeur / coups de vapeur ; ma chaîne youtube : https://www.youtube.com/channel/UC99xju ... J1jNp3FLhA
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 02 Mai 2019, 23:17:27

Buenos Aires, Argentine

Elle eu jusqu'à 875 km de tramway : le plan du réseau me laisse sur le cul pardon pantois
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/ ... s_1938.svg

la plus longue ligne est-ouest mesure dans les 15 km, en nord-sud, dans les 30 km
Aujourd'hui la tâche urbaine est au moins deux fois plus large et longue.



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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 04 Mai 2019, 17:29:01

:o
Wow. Y'a moins pour le métro ! 58kms
La construction du métro (1er d'Amérique du Sud, 3e d'Amérique tout court) inauguré en 1913, avec la méthode des cadres (comme à Lyon) a mis à mal le réseau de trams...
Après 1940, le réseau de métro a du attendre des dizaines d'années pour revoir une extension ; l'urbanisation galopante de la périphérie, conduite sans aucun plan concerté, n'a connu aucun répit. Ce qui a obligé pendant des dizaines d'années à des ruptures de charge féroces et coûteuses pour les habitants de la périphérie...

A propos de Buenos Aires :
https://www.lexpress.fr/actualites/1/cu ... 76760.html
Pour expliquer l'urbanisme :
https://www.persee.fr/doc/caoum_0373-58 ... m_2_6_1618
http://www.petitherge.com/2016/08/tout- ... aires.html
:)

C'est aussi un patrimoine menacé !
Image
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar Micka69 » 06 Mai 2019, 19:32:43

Bonjour,

Pour rebondir sur certains propos précèdents, j'aimerais vous faire part du constat suivant.
La population du 2e arrondissement (où je vis), malgré la construction de nombreux immeubles neufs (et habités d'apres les fenêtres illuminées) à Confluence surtout, n'augmente plus depuis plusieurs années. (30 276 en 2006, 30 575 en 2011, 30 436 en 2015 et 30 435 en 2016, source Wikipedia/Insee).
A quoi est-ce dû selon vous? On indique pourtant ici que les centre-ville attirent de plus en plus? (Cf propos ci-dessus sur les difficultés des hymermarchés et récents discours d'Ikea sur la nécessité de se reimplanter en hypercentre).

Quleques idées qui n'engagent que moi:
-L'hypercentre (Bellecour, Ainay, République, jacobins) se depeupleraient du fait des logements loués en saisonnier.
Ce dépeuplement serait tel qu'il ne parviendrait pas à être compenser par la Confluence et son augmentation de population car cette croissance serait limitée par les problèmes de saturation récurents du quartier et sa desserte encore trop lacunaire.

Quelles sont vos points de vue?
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 06 Mai 2019, 23:54:52

Salut

Le 14 novembre 2018 à 11h49 j'avais posté (voir haut de page) un lien google maps sur la couverture d'une section de voie rapide urbaine dans une quartier très dense de la périphérie de Hong Kong
Apparemment, la mesure est en cours d'extension à d'autres sections :
https://www.google.fr/maps/@22.388038,1 ... a=!3m1!1e3


A+
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 29 Mai 2019, 00:01:23

Dégâts collatéraux ... remède mal administré. :uglystupid2: >:(
Pour lutter contre la disparition des commerces de centre-ville, l’Etat subventionne plus de 200 communes. Mais paradoxalement, 67 d'entre elles continuent d'autoriser dans le même temps les grandes surfaces à s'étendre.

https://www.francetvinfo.fr/economie/co ... r=CS2-765-
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar yanns040586 » 30 Mai 2019, 08:49:56

Exemple cité Laon, qui a tué son Poma en plus, pas de bol, double peine pour les habitants... Ces gens sont en fait néfastes/nuisibles, quelqu'un a du baygon ? :crazy2:
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 30 Mai 2019, 16:17:20

Pour Laon, c'est encore plus net : la logique pro routier bien assimilée par les élus du secteur (pas d'autres alternative que la voiture, pour tout) les cantonne dans une logique de la détestation de toutes les autres solutions de mobilité. Pas vraiment une paresse intellectuelle, possiblement juste un manque de souffle parce qu'ici, on a toujours fait comme ça sans se poser de question...

En attendant, le dépeçage du POMA immédiatement après l'arrêt d'exploitation et l'enlèvement de toute trace jusqu'à l'épluchage de la plateforme, signe une performance remarquée : depuis le temps que les modes de transport apparaissent, fonctionne, puis disparaissent, c'est la première fois qu'une suppression de mode s'est faite aussi vite.

Une sorte de record, comme si, au fond, il y avait une 'mauvaise conscience' de la part des signataires de la décision ; l'appétit des ferrailleurs, qui ne broient que ce qu'on leur donne à broyer, n'est pas l'unique explication valable...

Sinon, j'ai un très bel article à vous proposer, une chronique rédigée par un des maîtres en matière de réflexion sensible sur notre relation à l'espace qui nous environne : Gilles CLEMENT est Paysagiste ; par son parcours, son travail de réflexion et de mise en pratique, il a défoncé les standards qui ont énormément fait de dégâts en matière de conception et de 'rationalisation' des espaces et des paysages au XXe siècle...

https://www.lamontagne.fr/paris-75000/l ... 3/#refresh


La voie de l'étonnement

Art - Littérature

Publié le 26/05/2019
Par Gilles Clément

Dés-enchaînement serait un autre titre possible. On n’y est pas encore. Chacun de nous est tenu, solidement enchaîné aux lois du marché. Il nous faut une bagnole pour aller faire nos courses. Et encore ce mot est gentil, la voiture n’est plus une caisse, une tire, une charrette… c’est une punition. On n’a pas le choix. Plus de transport en commun, plus de centre-ville vivant, il faut prendre la « chiotte » et se garer en payant, passer sur l’autoroute en payant, dépasser la vitesse ou la lenteur autorisée pour payer une prune et perdre un point : la voiture obligée nous broie le cerveau, c’est elle qui nous conduit, elle nous tient en laisse, on obéit sinon on est perdu. Comment en est-on arrivé là ?


Obliger le péquin à se motoriser

Le documentaire L’homme a mangé la Terre diffusé sur Arte (*), explique bien l’arrivée de cette catastrophe, le fordisme à tout prix : obliger le péquin à se motoriser. La suppression des services publics n’est pas une entreprise imaginée par nos instances européennes, les industriels de l’automobile l’avaient mis en place depuis longtemps aux États-Unis, ce coin du monde que tout le monde copie, enfermés que nous sommes dans une illusion de la maîtrise avec pour modèle de convoitise un toujours plus gros 4x4 de ville qui ne sert à rien. Pendant ce temps on se garde bien de jeter un œil sur le fond des océans ou le nombre des oiseaux, il faut rouler et c’est tout. Aucune alternative à ce choix. Pas de ferroutage pour offrir une option aux « Bérets rouges », pas de solution autre que celle de la dépense obligée pour les Gilets jaunes. Dans quelle direction allons-nous ? Pas de réponse à cette question, il faut rouler, c’est tout.


Vous devez rouler ou vous taire

Ainsi parle la gouvernance totalitaire de l’ultralibéralisme mondial, vous devez rouler et vous taire. On vous donne gratuitement l’itinéraire, il suffit de cliquer sur le nom d’une ville ou d’un village et le chemin à suivre s’inscrit sur l’écran avec les commentaires d’usage : tournez à droite, tournez à droite, tournez à droite…
Le GPS nous conduit dans le puits sans fond de la mémoire perdue. Nous suivons le chemin même si nous ne savons pas où il mène et pourquoi, de façon servile et décérébrée, nous l’empruntons.

Peut-on se désenchaîner, abandonner la laisse qui nous tient par le cou et se remettre sur pied ? Pour parvenir à se libérer sans doute faudrait-il une immense poubelle pour y jeter de façon définitive les non-recyclables de la consommation, les outils de l’injonction, les machines à commander nos pas, les sonneries d’alarme si nos ceintures ou nos lacets de souliers ne sont pas bien attachés, les clignotants d’appels pour faire venir les livrables cuisinés, maîtres de nos estomacs… un ensemble bien calculé pour nous amener à la totale dé-responsabilisation, victoire des assureurs, ils le disent, il vous faut une assurance-vie sinon vous mourrez !


Partez à pied dans l'herbe

Vous êtes prêts ? Attention, debout, si, si, c’est possible, vous avez le droit, mettez juste un pas devant l’autre, inutile de courir, pas obligé de prendre une canne de marche électro-suédoise qui donne l’état de votre cœur, vous pouvez choisir votre rythme, celui de votre corps et non celui de la télécommande, abandonnez la punition, partez à pied dans l’herbe, regardez le cérambyx qui sort du bois, il a les antennes en prospection, il palpe l’air avant de se lancer. Faites comme lui, partez vers la lumière qui vous attire, abandonnez le chemin tracé et l’illusion de la maîtrise. Vous saurez enfin pourquoi vous ne savez pas où l’on va : vous découvrez, vous vous demandez pourquoi on ne vous a jamais parlé du cérambyx, vous empruntez la voie de l’étonnement et non celle de l’asservissement.

(*) Diffusé le 30 avril 2019, disponible en replay jusqu’au 28 juin.

Gilles Clément


Parcours

Le Jardin en Mouvement, le Jardin planétaire (exposition à la Villette en 1999/2000), Le Tiers-Paysage (2003), sont les trois principaux concepts que développe Gilles Clément. Plusieurs prix consacrent son œuvre dont le « Grand prix du paysage » en 1998. Le Parc André Citroën (en co-conception), le Domaine du Rayol dans le Var, les Jardins de l’Arche à Nanterre, les Jardin de Valloires dans la Somme, le parc Matisse à Lille, le jardin du musée du Quai Branly à Paris, Le toit de la Base sous-marine de Saint Nazaire (Jardin du Tiers-paysage) font partie des projets les plus connus du public. En 2019 à Lausanne une exposition itinérante, créée en 2013 , « Toujours la vie invente » montre les réalisations et les recherches.

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Message non lupar nanar » 03 Juin 2019, 19:01:10

Salut

Le rapport de la Commission chargée de travailler sur la transformation en boulevard urbain du périphérique parisien (277 pages)

https://www.actu-environnement.com/medi ... en2019.pdf

A+
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar alecjcclyon » 10 Sep 2019, 16:25:31

Le Grand Parilly fait aussi sa rentrée !
https://www.lsa-conso.fr/ikea-lyon,327241
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar yanns040586 » 10 Sep 2019, 16:54:35

En fait, à chaque fois qu'Ikea ouvre un magasin, ils doivent en ouvrir un plus grand que le précédent, c'est dans la charte du nouveau Ikea. Celui d'Avignon a été le plus grand dans son temps...
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar alecjcclyon » 10 Sep 2019, 19:50:57

J'ai aperçu 3 personnes avec des meubles venant d'Ikea sur un cadis ficelé avec des fils colorés en guise de protection à 18h dans le métro D. La suite promet ! ::)
Bon écoutez, c'est simple ma passion c'est les transports.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar Airbus » 11 Sep 2019, 10:11:54

Curieusement, dans la communication développée à propos de l'accessibilité au Grand Parilly, on ne cite souvent que le métro D. Or le tramway T4 dispose d'une station bien plus proche de l'entrée du nouveau magasin que le métro D.
Depuis la Part-Dieu avec le T4, ce magasin est très facile d'accès, qu'on se le dise ! Restera, ensuite à gérer les problèmes d'affluence dans le tramway qui n'a pas encore toutes ses rames en 43 m ... !
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 11 Sep 2019, 10:59:58

Salut

Bof, aller dans un Ikea, c'est renoncer de facto à utiliser le plus court chemin pour aller d'un point à un autre, non ?

Les gens prendront T4 ou MD suivant lequel les arrangera le plus.

Quoiqu'il en soit la distance entre TC et les commerces sera entre la moitié et les deux tiers de celle qui séparait T2 Porte des Alpes de l'entrée du Ikea qui vient de fermer.
Quand on vient d'acheter une lanterne japonaise ("Regolit" - page 63) ou une serviette de bain ("Vikfjärd" - page 120), c'est appréciable ... ::)

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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar alecjcclyon » 19 Sep 2019, 23:13:00


https://www.youtube.com/watch?v=F4YEc6JVVW8
Pour rendre ce quartier plus accessible à pied, je pense qu'il faudra une passerelle entre ce nouveau quartier et l'arrêt du C8 Bron Genets. L'arrêt Monge est éloigné du quartier et n'avantagerait qu'une minorité or Bron Genets serait plus central. Est il possible de mettre le C8 en double sens avec quelques travaux le long du lycée de l'automobile ? https://www.google.fr/maps/@45.7483282, ... 384!8i8192 Il suffit de virer les 2 remorques, je me demande depuis combien de temps elles sont la, les élèves du Lycée de l'automobile utilisent t'ils encore cet espace ?
Bon écoutez, c'est simple ma passion c'est les transports.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 20 Sep 2019, 22:55:18

C'est plus ou moins dans les "enjeux fléchés" : voir pages 21 et 23 de : https://www.opacdurhone.fr/files/conten ... alable.pdf

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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar xouxo » 21 Sep 2019, 14:06:53

Comme d'habitude, il faudrait essayer que les passerelles ne donne pas sur des culs de sacs, mais au contraire sur des points de convergence ou des alignement existant, de manière à raccourcir les parcours piétons.

Comme on le voit ici https://urbanist.typepad.com/.a/6a00d83454714d69e20133ed8303be970b-popup un rayon de 500m de marche théorique peut être complétement faussé par un réseau viaire mal fichu!
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 06 Nov 2019, 20:05:56

Un peu HS, mais pas complètement.

Arrive enfin sur les écrans radars sociétaux la prise en compte de ceux qui ne sont pas vraiment en ville, mais pas vraiment en périphérie non plus.

On parlait jusque là officiellement et rarement des jeunes 'autres' que ceux garés en périphérie, provisoirement ... en leur consacrant un questionnement et des recherches pour déterminer leurs problèmes et leur visibilité, leur avenir, toussa...

Or il serait possible qu'à l'insu de leur plein gré, ces jeunes hors ville / périphérie de ville ... représentent 60% de leur génération.

Pour eux, pas d'infrastructure de transport simple, pas de logistique appropriée pour leurs études, pas d'équipement ('de base' en agglos) accessible simplement, pour tout simplement exister, avoir une vie sociale, échanger, faire des expériences, etc.

Tout simplement parce que 50 ans "d'aménagement du territoire" exclusivement centré sur les métropoles et les agglos (grosses de préférence) et les moyens qui vont avec, ont fini par créer ce split entre 2 mondes.

Et si cela finissait par être reconnu comme anormal ?

Ne ratez pas le 20 novembre, l'émission "Pièces à conviction" qui fait un sujet sur cette situation...

https://www.leprogres.fr/france-monde/2 ... des-villes

Le prochain magazine "Pièces à conviction", qui sera diffusé le mercredi 20 novembre à 21 heures sur France 3, est parti à la rencontre de ces jeunes des campagnes que l’on ne voit pas, que l’on n’entend pas, et que cinquante ans de politique d’aménagement du territoire a fini par laisser sur le bord de la route.

Aujourd’hui, 60% des jeunes vivent loin des grandes villes. Pour eux, peu ou pas de train ou d’internet, des services publics qui disparaissent, des formations peu qualifiantes ou inaccessibles, des emplois précaires…
Pendant six mois, le magazine "Pièces à conviction", diffusé le mercredi 20 novembre à 21 heures sur France 3, est parti à la rencontre de ces jeunes que l'on ne voit pas, que l'on n'entend pas.
A 18 ou 19 ans, certains n'ont jamais vu la mer ou même pris le car tout seul
Dans leurs petites villes, leurs villages, beaucoup ont la sensation d’être piégés, oubliés, et de ne pas bénéficier des mêmes chances que les jeunes des métropoles
Pour aller au lycée, c'est parfois le parcours du combattant, avec des trajets interminables en raison d'une fermeture d'une ligne SNCF
D'autres habitent en pleine zone blanche : comme dans 10 000 villages français, pas d'internet. C'est compliqué pour eux d’étudier dans de bonnes conditions
À Sochaux, Quentin, 25 ans, déchante : comme 50 % des ouvriers de fabrication de l'usine PSA dans le Doubs, il est intérimaire. Précaire, il travaille les week-ends et les jours fériés pour tenter de gagner un salaire décent. Pourquoi l'Etat tolère-t-il ce recours abusif à l'intérim ?
Non seulement les intérimaires, mais aussi les jeunes en apprentissage craquent : 28% des apprentis abandonnent en cours de route et rompent leur contrat d’apprentissage, dénonçant des conditions de travail indignes




On y parle -enfin- de cette génération oubliée...
Et avant de taper sottement sur ce ramassis de feignasses qui n'ont qu'à se bouger, il est peut être utile de se poser des questions sans s'arrêter aux apparences.
Qu'est ce qui peut être amélioré autrement qu'en empilant tout le monde en agglos ?
???
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar alecjcclyon » 10 Nov 2019, 22:58:12

J'ai eu un clic ce soir. Je me suis demandé pourquoi l'on continue à concentrer les activités principales au centre de la ville mais en périphérie pas grand chose (sauf ZI) ?
Avec le métro E, on pourrait avoir un accroissement d'activités (centre commercial...) autour du pôle d'Alai par exemple. ::)
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 11 Nov 2019, 01:18:19

Ben voila, tu résumes 90% probablement de la situation.
Comme si quelque chose avait berluré tout le monde avec un concept creux, mais relativement performant en matière d'endormissement des capacités de réflexion, pour finir par imposer insidieusement un fonctionnement complètement bancal.
A force d'aller au bout du bout, finalement, les yeux s'ouvrent : on va dans le mur, vu que rien ne semble être prévu pour changer quoi que ce soit, et que les tentatives pour aller vers d'autres fonctionnements restent timides et timorées, quoique sympathiques.

Cependant, un bémol à ta réflexion ; on a bien des équipements en périphérie de villes : les centres commerciaux de taille plus ou moins importante, plus ou moins espacés les uns des autres... qui attirent / ravitaillent la population dans un rayon plus ou moins large et pertinent... et font fonction de lieux de vie / lieux de socialisation. C'est un modèle purement commercial, mais problème ! On ne vit pas exclusivement dans un environnement purement commercial, on a d'autres aspirations et d'autres besoins (sociaux par exemple) à satisfaire que de faire les magasins...

Ce modèle d'organisation est en perte de vitesse, au profit des drive ; le moyen d'accès ne change pas : la bagnole, la bagnole. Mais on évite soigneusement de se frotter à "l'autre" tout en satisfaisant devant un écran lumineux une injonction sociale assez forte.

Par contre, si tout semble pour l'instant centré sur le commerce et les appétits constructifs qui vont avec, tous les autres paramètres nécessaires au fonctionnement (services, administrations, santé, scolaire, etc.) ont été progressivement regroupés et centralisés, et surtout réduits... Cela ne facilite pas vraiment l'équilibre entre centre et périphérie, et plus largement, entre les grosses agglos et le reste du territoire.

Tout le monde semble rêver les yeux ouverts. Tout le monde, sauf ... de plus en plus de monde qui pense qu'il est temps de faire autrement.

Un symptôme intéressant à décortiquer, au travers de la prestation de Gauvain Sers il y a quelques mois, avec sa chanson "les oubliés". La prise de conscience que cela touche beaucoup de monde, et que cela suffit peut-être ?
Deux liens, vers des vidéos au contenu sensible :
https://www.youtube.com/watch?v=sKccz-FkDFU
https://www.youtube.com/watch?v=UtldE4xxy1Y
:)
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 11 Nov 2019, 02:13:38

Rapport entre emplois et habitants

Brignais : 70 %
Bron : 59 %
Champagne au Mont d'Or : 82 %
Civrieux d'Azergues : 83 %
Dardilly : 97 %
Ecully : 64 %
Limonest : 231 %
Lyon : 62 %
Marcy l'Etoile : 202 %
Pierre Bénite : 86 %
Villefranche : 53 %
Villeurbanne : 38 %
Vourles : 60 %
Chaponnay : 82 %
Chassieu : 88 %
Corbas : 75 %
Feyzin : 51 %
Genas : 59 %
Genay : 66 %
Pusignan : 71 %
Saint Priest : 80 %
Solaize : 70 %
Colombier Saugnieu : 201 %

(source = Insee : comparateurs de territoires)

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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar amaury » 11 Nov 2019, 16:35:29

Il y a une petite musique trainante ces derniers mois qui parle de rapprocher les "emplois des habitations". Comme beaucoup de petites musiques, elle semble relever du bon sens. Peut-on prendre un peu de recul ?

Vu les évolutions sociétales (depuis longtemps, dans un couple, généralement, les deux travaillent) et du marché du travail (chômage de masse, emploi précaire ou en tout cas, pas à vie...), on observe une dissociation entre lieu de travail et lieu de résidence. Les différents éléments sont permis par la généralisation de la voiture qui alimente le phénomène en retour : aire d'influence géographique des emplois de plus en plus large, choix du lieu de résidence sur des critères qui ne prennent que partiellement en compte le trajet domicile / travail et rarement en ayant poussé la rélfxion jusqu'au bout. Exemples relevés dans mon entourage perso ou pro : si on a pris en compte la proximité d'un arrêt de bus mais qu'on n'est pas satisfait de la fréquence de passage ou qu'on n'a pas intégré dans la réflexion la problématique des enfants à déposer à la crèche ou pas trop loin de l'école, finalement, on se déplace en voiture...

Il y a quelques mois, on avait eu un débat fort intéressant autour de Techlid. Par chance, l'agence d'urbanisme de Lyon a fait une analyse approfondie de qui sont les gens qui y travaillent, d'où ils viennent et comment. Sans surprise, les gens du coin qui travaillent là-bas sont très peu à habiter là-bas (faire une recherche sur le forum). Je vous conseille également la carte page 8 du document "Plan d'actions intermodalité 2019 - 2021 pour l'aire métropolitaine lyonnaise". On y voit que se recoupent les secteurs où les gens font plus de 20 km pour aller travailler avec les secteurs où les entreprises voient leurs salariés faire plus de 20 km pour venir travailler. La conclusion est donc simple : rapprocher l'emploi des habitations n'amène pas les gens à changer de métier pour pouvoir travailler à côté de chez eux. Et lorsque les deux travaillent, si l'un des deux arrive à se rapprocher, ce n'est pas forcément le cas de l’autre. Et vu qu'on ne fait aujourd'hui plus sa vie dans le même emploi et qu'on ne travaille pas où on veut, si on peut trouver dans la proximité pendant un temps, ça ne durera pas toujours.

A côté de ça, on voit que les transports collectifs sont majoritairement empruntés pour aller travailler lorsqu'il est compliqué et coûteux d'y aller en voiture et lorsque dans le même temps, les TC apportent une réponse considérée comme concurrentielle. Pour mémoire, en tant que transport collectif, les TC n'apportent jamais une réponse considérée comme satisfaisante dans les secteurs d'urbanisation non-dense (extensive). Soit ils desservent bien le territoire et les temps de trajet paraissent trop longs, soit ils visent de bons temps de trajet mais les gens sont frustrés par le temps à marcher depuis/vers un arrêt.

La conclusion, c'est qu'en portant le discours de "rapprocher les emplois des habitations", la seule chose qu'on obtient, c'est la création de nouvelles zones d'emploi non-denses qui ne sont pas desservables par des TC attractifs et qui voient les gens se déplacer intégralement en voiture et, comme on le voit sur la carte du doc cité plus haut, sans pour autant que les distances parcourues ne soient réduites. En résumé : on ne pose pas du tout les bases d'une société où les gens pourraient se passer de la voiture alors même que la pression environnementale et les coûts de ce mode de déplacement ne vont que s'accroitre.

Tout simplement parce que 50 ans "d'aménagement du territoire" exclusivement centré sur les métropoles et les agglos (grosses de préférence) et les moyens qui vont avec, ont fini par créer ce split entre 2 mondes.

Je ne partage pas du tout cette assertion. La concrétisation de l'idée que seules les métropoles et les grosses agglos seraient en mesure de s'en sortir dans la société néolibérale mondialisée a moins de 20 ans. Les mécanismes qui sont à l’œuvre ne sont pas le fruit d'une politique mais la convergence d'intérêts individuels dans un contexte où le référentiel progressiste n'intégrait pas la dimension écologique (en croyant, notamment, que vu les miracles dont elle était capable, la science résoudrait tous les problèmes). Et la situation des zones rurales (y compris leurs centralités) n'est pas celles des zones périurbaines. Le ressenti a beau être le même, les mécanismes sont différents. Dans les zones périurbaines, les services ne partent pas. C'est l'inverse. Il y a plus de services qu'avant. Mais cette augmentation de service ne suit pas celle de la population. En même temps, c'est logique. Ces secteurs ne sont pas développés par la volonté politique planificatrice mais parce que convergeaient l'envie d'attirer de nouveaux habitants avec celle d'être propriétaire d'une maison pour pas chère. Or, si les maisons étaient pas chères là-bas, c'est aussi parce qu'il n'y avait pas beaucoup de service. Avec la voiture, on considérait qu'on pouvait compenser l'absence de service à proximité. N'est-on pas un peu dans le même phénomène que les gens qui vont habiter près des voies ferrées, des grandes routes et des aéroports puis demandent la suppression des nuisances ? Le prix intègre la nuisance. Si la nuisance est collectivement inacceptable, fermons les secteurs à l'urbanisation. Mais là, on crée de fait une plus-value artificielle.

Je ne suis pas en train de dire qu'il faudrait laisser les gens à leur triste sort. Je pense en fait exactement l'inverse : le meilleur moyen d'accentuer le pourrissement de la situation serait, au nom de l'idée de rapprocher emplois et habitations, de créer de nouvelles zones d'urbanisation extensive. Je reviens donc à la remarque d'alecjcclyon qui évoquait le métro E et Alaï. Pourquoi pas. On est effectivement en train de s'interroger sur la pertinence de l'approche communément admise d'urbanisation par logements et commerces autour des gares. Certains élus disent qu'il y a 80% de la population qui habite à moins de 5 km d'une gare TER. Parmi ces 80%, quelle part dispose d'un emploi situé à moins d'un km d'une gare TER ? C'est ce chiffre qui peut aider à réduire considérablement le potentiel d'utilisation du train dans le cadre d'un déplacement domicile / travail. Je parle ici du train mais on peut remplacer par "ligne forte de TC ayant une vitesse commerciale d'au moins 25 km/h", ça marche aussi... :)
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar xouxo » 12 Nov 2019, 14:20:31

Merci Amaury.
Pour moi ton analyse assez fouillée n'enlève rien au ressenti des gens (une partie en tout cas) qui est de faire partie des perdant, alors que d'autre sont les gagnants. Ça me rappelle le livre "Fractures françaises" qui avait eu son petit succès l'époque. La France se diviserait entre grande métropole + banlieues qui seraient les gagnants de la mondialisation et de l'autre les périurbain éloigné, les villes petites et moyennes et la France rurales qui seraient les perdants.

Je pense que s'y greffe aussi une inversion assez récente (20 dernières années) du ressenti gagnant vs perdant : ceux qui délaissaient les banlieues proches ou les quartier péricentraux dans les années 70, 80, 90 se voyaient comme les gagnant, ils allaient avoir un jardin, s'éloigner des populations "à risques" un investissement en temps et/ou argent (trajets, essence, emprunt) raisonnable, tout en pouvant toujours accéder rapidement aux activité/emploi de centre villes ou équipement unique de la métropole. Le meilleur de deux mondes, en quelque sorte.
Oui mais voilà... l'augmentation des prix du pétrole a renchéri cet investissement, les collectivités n'ont plus forcément les moyens ni la volonté d'élargir les routes. L'accès voitures aux hypercentre a tendance à se durcir. Les gagnant ne sont plus vraiment gagnants : leurs déplacements coutent plus cher, il ne sont plus aussi rapides qu'avant.
Évidemment, dans le même temps La desserte en T.C. s'est beaucoup améliorée, mais ça ne les concerne pas vraiment, ou à la marge. Bref, Ils ont l'impression qu'on les a "piégés".

Enfin, nanar, tes chiffres sont intéressant, mais même si ça va sans dire, il faut bien préciser que 100% veut juste dire qu'il y a autant d'emploi que d'habitant, pas que les emploi sont occupés par les habitant de la commune, loin de là. (d'autant qu'il y a des enfant ou des retraités parmi les habitants).
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 12 Nov 2019, 16:25:00

Tout à fait Xouxo, ma liste n'était qu'un essai de réponse à Alecjcclyon qui écrivait :
Je me suis demandé pourquoi l'on continue à concentrer les activités principales au centre de la ville mais en périphérie pas grand chose (sauf ZI) ?

Il faut savoir ce qu'il considère comme "activités principales", et je pense que ce n'est pas si vrai que cela.
Par exemple, travailler dans un labo scientifique à Marcy l'Etoile peut être considéré comme l'activité principale d'un chercheur en bio-sciences.
Notons que si toutes les communes de la Métropole et quelques autres à côté n'étaient plus qu'une seule commune de 6, 7 ou 800 km2 (je ne vous dis pas le b.rdel pour changer les adresses, si on ne veut pas se retrouver avec 50 rues ou places "de la République" dans une même commune), nettement plus de gens "travailleraient dans la commune de leur résidence", sans pour autant avoir moins de distance à parcourir. (Comme quoi il faut toujours être prudent dans l'interprétation des données statistiques)

A+
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar amaury » Hier, 20:14:34

@xouxo : Je suis complètement d'accord avec ta remarque. Il y a effectivement un ressenti qui est partagé entre les territoires ruraux et les territoires périurbains. Pour ces derniers, je partage aussi les raisons évoqués. Un article révélateur sur le phénomène d'accession au périurbain qui depuis les années 70 était considéré comme une ascension sociale (et qui entrainait, par ricochet, le pourrissement des "banlieues" en les réservant aux publics de plus en plus marginalisés et "relégués") : DONZELOT J.,(2004) « La ville à trois vitesses. gentrification, relégation, périurbanisation » Esprit, mars. Cette perception est présente et bien installée médiatiquement.

Cependant, même s'il s'agit d'un ressenti qu'on ne peut ignorer, pour avancer des solutions, ils ne faut pas en rester aux ressentis. Il faut creuser un peu. Et là, les nuances avec ce discours médiaticopolitique et cette perception forte - traduite à travers les Gilets jaunes notamment - est relativement éloignée de la réalité. Un panorama dans cet article "Grandeur et décadence du “ périurbain ” - Retour sur trente ans d’analyse des changements sociaux et politiques" par Jean Rivière, Violaine Girard. On peut se rendre compte assez facilement des erreurs d'interprétations qu'on pourrait faire en ne se souvenant pas que la ville est aussi un espace où se concentrent les plus pauvres (cf. carte page 7 du document "Plan d'actions intermodalité 2019 - 2021 pour l'aire métropolitaine lyonnaise") et que la périurbanisation recoupe des disparités très importantes, y compris des secteurs très riches (au point que sur la carte page 7, ce sont des territoires globalement prospères et dynamiques).

Le problème existe. Les ressentis ne peuvent être ignorés. Mais il ne faudrait pas proposer des solutions découlant des ressentis mais plutôt adaptés aux problèmes de fond (j'enfonce certainement des portes ouvertes mais ça va quand même mieux en le disant, je trouve :angel:).
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