Urbanisme, périphérie, suburbia...

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BBArchi
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Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 28 Mars 2017, 10:39:20

Salut

Je viens de lire un article intéressant sur l'évolution des villes, et surtout de leur périphérie, avec le modèle des hypermarchés, qui, après avoir plafonné, semble amorcer une courbe descendante en terme de fréquentation, mais surtout de réponse aux attentes (nouvelles) des consommateurs, lié à leur changement de rapport aux transports (collectifs v/s voiture).

http://www.lemonde.fr/smart-cities/arti ... 11534.html

L'orientation donnée récemment à l'investissement dans les gares et leur évolution en "centres commerciaux", pas forcément destinée aux voyageurs uniquement, mais aussi comme point de destination pour les clients "locaux" ne disposant pas de voiture, semble être un modèle appelé à remplacer les centres commerciaux "périphériques".

Si ceux ci périclitent, à l'image des malls américains, on va se retrouver avec non pas des friches industrielles, mais des friches commerciales... et on repart pour un tour de réflexions sur leur réaffectation.

En marge de ce constat, j'hallucine toujours sur l'explosion, ces dix dernières années, du nombre de centres commerciaux de tailles diverses, implantés dans la vallée du Rhône le long de la N7 entre Vienne et Valence. :o
Et c'est du lourd en terme de consommation de terres agricoles. :buck2: :crazy2:
Ce genre de projet : https://www.google.fr/maps/@45.3317586, ... 312!8i6656

Sans parler de l'impossibilité totale de desserte en transport collectifs, et l'obligation de la voiture qui génère des bouchons là ou par le passé, rien ne coinçait (!), on assiste à un dézingage total de l'infrastructure commerciale de centre village ; les "petits commerçants" n'ont pas la capacité de lutter contre, c'est largement démontré, et on désertifie les rez de chaussée...

Vous en pensez quoi ?
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 28 Mars 2017, 11:04:53

Salut

Merci pour le lien sur cet article

As tu lu, comme moi-même ( et apparemment Rémi ? ) le livre "Comment la France a tué ses villes" de Olivier Razemon, journaliste et blogueur qui collabore au Monde ?
Le thème de ce bouquin de OR est le même.

A+
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar tibidibtibo » 28 Mars 2017, 11:33:15

Salut,

Je partage tout à fait cette analyse et vit moi même dans une de ces petites villes (aire urbaine de 15 000 habitants) où la titanesque zone commerciale périphérique a absorbé tous les commerces du centre-ville qui est maintenant désert !
- Le centre ville : https://goo.gl/maps/QfHTPF8GTx52 et sa rue des rez-de-chaussés déserts : https://goo.gl/maps/NtigGEA4pv72 (il y'en a d'autres ...)
- L'espace 23 (énorme centre commercial plus grand que le centre ville) : https://goo.gl/maps/LfUc2dwZKRt
- Un autre pôle commercial (assez ancien, avant que le plus gros ne soit construit) : https://goo.gl/maps/qEa9Uy83VDk
- Un plus petit : https://goo.gl/maps/iHGwxFKncfH2
- Et un dernier : https://goo.gl/maps/KAYfxov9Jtw

En bref le centre-ville s'est peu à peu vidé de ses commerces en raison de la concurrence des centres périphériques où il est beaucoup plus facile de se garer. En effet la population est fortement voiturisée car il n'y a aucun TC de proximité (seulement des TC interurbains), la ville a toujours attiré les habitants des communes rurales alentours, ceux-ci ne viennent pas à cheval ni à vélo, ils prennent leur auto et font leurs courses là où ils peuvent la garer et la remplir facilement de biens de consommation. Impossible de lutter contre cette concurrence quand on a une petite boutique dans une ruelle, certains commerçants ont même délocalisés leur boutique du centre vers la zone commerciale (coiffeur, épicerie fine, ...).

La mairie refait le centre-ville à neuf pour attirer de nouveau la "vie" mais c'est un peu la politique du pompier pyromane, ils autorisent toujours de nouvelles constructions en périphérie tout en pleurant la désertification du centre-ville.

En plus, les petites zones commerciales subissent la concurrence de la grande zone, certaines moyennes surfaces déménagent dans la grande zone (Gémo par exemple) ... dans ce contexte les petites boutiques sont totalement hors de course.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar Pierre4L » 28 Mars 2017, 12:50:21

BBArchi a écrit :En marge de ce constat, j'hallucine toujours sur l'explosion, ces dix dernières années, du nombre de centres commerciaux de tailles diverses, implantés dans la vallée du Rhône le long de la N7 entre Vienne et Valence. :o
Et c'est du lourd en terme de consommation de terres agricoles. :buck2: :crazy2:
Ce genre de projet : https://www.google.fr/maps/@45.3317586, ... 312!8i6656


Il y a pas longtemps, je passais par ici un samedi en route à rendre-visiter mes amies à la campagne. Je préfère toujours prendre les nationales, et le trafic ce jour-là était fluide. Sauf qu'en m'approchant de ladite zone depuis le nord, je croyais d'abord qu'il y avait un accident ou des travaux à cause des bouchons visibles qui allaient jusqu'à l'horizon. Mais non, après un demi-heure de rouler à moins de 5km/h, je suis arrivé finalement au rond-point situé au nord de Saint-Rambert-d'Albon, où toutes les autres voitures pas déjà parties par les rond-points précédents sortaient vers le D807. J'ai continué en suivant la partie du N7 qui s'allonge à côté de l'autoroute, et la rue était complètement vide.

Aucun trafic de transit. C'était donc clair que les habitants de cette ville et les villages avoisinants sortaient le samedi juste pour faire leurs courses et du shopping dans cette zone commerciale déplacée de façon peu pratique de leurs centre-villes logiques. C'était un truc de fou.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar phili_b » 28 Mars 2017, 20:29:28

C'est un cauchemar ces centres commerciaux. Je les évite au maximum je n'y vais quasiment jamais. Pas seulement par éthique mais aussi en raison du fait que c'est invivable. Je crois qu'on est le pays le plus atteint par cela, avant même les États-Unis.
- Consomme des terres agricoles : en plus quelques fois on trouve deux concurrents hypermarchés à 200 m l'un de l'autre
- Vide les centres villes, en appauvrissant les petits commerçants, et qui font des villes mortes
- Prône la hausse du pouvoir d'achat tout en cachant le sous-emploi, le dumping social effréné, et l'appauvrissement des fournisseurs par les centrales d'achats toute puissante (pression sur les fournisseurs, marges arrières, etc...)
- Musique dans les oreilles, bruit, trop de monde, impossibilité de sortir facilement, on ne voit pas le ciel, pas de commerçants humains ou presque

Un excellent long article d'analyse historique depuis 1929 (bien que je ne partage pas du tout les opinions politiques de ce blog):
Blog Laboratoire Urbanisme Insurrectionnel, mai 2013: FRANCE | Urbanisme Commercial

Un article intéressant qui fait écho à une description d'un centre-ville mort par un journaliste américain:
actu.cotetoulouse, mars 2017: L'abandon du centre-ville d'Albi fait du bruit jusqu'en Amérique
Dans cet article ils pointent aussi deux trucs qu'on oublie aussi: les coûts exorbitants des baux commerciaux et taxes diverses et variées en centre-ville, mais aussi des centre-villes devenus des musées sans pouvoir se garer ni accéder facilement.

Ces zones ne sont défendables, mais avec des aménagements sensés, que pour les centres de logistiques, industriels, gros électroménager, bricolages...bref tout ce qui est trop gros pour tenir en ville, c'est-à-dire en tout cas pas l'alimentaire.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 29 Mars 2017, 00:55:53

Nanar> Olivier RAZEMON est une personnalité très précieuse en ce sens où il a mis parmi les premiers un diagnostic en face d'une pathologie qui agit silencieusement, mais qui est toujours détectée trop tard ; et cette pathologie tue littéralement les infrastructures, le patrimoine, les bijoux de famille, les bonnes volontés, le plaisir tout simplement, et tout ce qui fait la vie belle.

Le problème est que personne ne présentera de facture aux véritables responsables, ni à leurs exécutants, puisqu"ils seront probablement tous morts ou à l'état de légumes dans les EHPAD quand cela deviendra possible... mais nous devrons les payer pour eux, ces factures !


La seule solution aujourd'hui pouvant offrir un semblant d'équilibre consisterait à exonérer totalement de TVA les commerçants de centre ville qui participent activement à l'animation des pieds d'immeubles et des voiries par leur présence. On pourrait même imaginer qu'une exonération pendant 10 ans de toute taxe foncière, professionnelle ou autre puisse s'appliquer. De toutes façons, un local vide ne rapporte rien, ni au proprio, ni à la collectivité, voire coute un bras ; alors foutu pour foutu, autant le faire avec un concept flamboyant. Et cela remettrait un peu d'équilibre dans un système névrosé.

Cela permettrait accessoirement à toute une génération de créateurs d'entreprises de se lancer (sans pour autant injecter toutes leurs économies dans un pari souvent considéré arbitrairement comme totalement dingue), sans se retrouver au final ratissé par leur banquier l'employé de banque en charge de leur dossier. Et l'ambiance de ces alignements commerciaux / professionnels / activités diverses serait certainement moins mortifère que celle des centres commerciaux très répétitifs.

Quelles pourraient être les autres possibilités / approches, à votre avis ?
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar amaury » 29 Mars 2017, 20:10:23

tibidibtibo a écrit :En bref le centre-ville s'est peu à peu vidé de ses commerces en raison de la concurrence des centres périphériques où il est beaucoup plus facile de se garer. En effet la population est fortement voiturisée car il n'y a aucun TC de proximité (seulement des TC interurbains), la ville a toujours attiré les habitants des communes rurales alentours, ceux-ci ne viennent pas à cheval ni à vélo, ils prennent leur auto et font leurs courses là où ils peuvent la garer et la remplir facilement de biens de consommation. [...] La mairie refait le centre-ville à neuf pour attirer de nouveau la "vie" mais c'est un peu la politique du pompier pyromane, ils autorisent toujours de nouvelles constructions en périphérie tout en pleurant la désertification du centre-ville.

Certains s'en sont tenus à la première partie de ce que tu exposes et aux élections locales de 2014, on a vu refleurir des politiques pro-voiture. L'idée était de favoriser le stationnement en centre-ville, quitte à revenir sur des secteurs piétonnisés, que le retour en arrière soit temporaire ou permanent. Le seul problème, c'est que cette politique ne peut pas fonctionner ! La ville ne peut s'adapter à la voiture que si on la rase et on la reconstruit type Los Angeles. Entre un espace conçu autour de la voiture (espaces commerciaux périphériques) et un autre conçu autour de la marche / traction animale, y'en a un qui part avec un sérieux handicap (si on se place du point de vue du français lambda qui irait faire ses courses façon supermarché).

Si on regarde les centres-villes qui s'en tirent, on remarque des facteurs partagés : forte attractivité touristique et/ou niveau de revenus élevés sur l'agglomération et/ou pôle isolé. La limitation des zones commerciales en périphérie est un plus. Mais les arguments d'implantation des zones commerciales en périphérie, c'est l'économie et donc l'emploi. C'est plus facile de résister à ce discours (qui, du coup, est faux, soit dit en passant...) si on a un niveau de revenu élevé sur le territoire et/ou une autre source de revenus pour le territoire (tourisme). Pendant ce temps, en Allemagne, la dimension des secteurs piétonniers, même dans des petites villes, est impressionnante. Pendant ce temps, en Autriche, on a développé il y a au moins 30 ans la notion de "ville à courtes distances" (je ne parle pas allemand). Et les commerces se portent très bien. Et c'est eux qui réclament là-bas les mesures que beaucoup de commerçants français rejettent : réduction des vitesses, piétonnisation, aménagements incitant aux déplacements à vélo, etc.

Pour plus d'info sur le commerce en centre-ville et son état : Certains centres-villes ne meurent pas : une étude tente d’analyser pourquoi. L'étude en référence est accessible à ce lien.
A quand le retour des trolleys sur l'axe A2 ?!? Pourquoi attendre le TOP ??? En attendant, RDV sur les traces du FOL: http://folsaintjust.free.fr.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar xouxo » 29 Mars 2017, 22:50:32

Le discours sur l'emploi créer par les zones pérphérique me semble effectivement très faux. Ces emplois créés dans l'absolu remplacent en fait d'autre emploi plus nombreux dans le commerce traditionnel : la productivité des grande surface étant meilleure (moins d'employés suffisent pour vendre plus de produit, c'est aussi ça les prix bas).
Donc pour un même niveau de consommation, moins d'emploi.

L'argent ainsi économisé pourra être ensuite consacré à l'achat d'un smartphone fabriqué à l'autre bout du monde et qui contribuera bien faiblement à l'emploi en France.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar Gil-Puy26 » 31 Mars 2017, 14:41:18

BBArchi a écrit :
En marge de ce constat, j'hallucine toujours sur l'explosion, ces dix dernières années, du nombre de centres commerciaux de tailles diverses, implantés dans la vallée du Rhône le long de la N7 entre Vienne et Valence. :o

Si tu descends plus au sud, c'est pas mieux et peut-être même pire

Et c'est du lourd en terme de consommation de terres agricoles. :buck2: :crazy2:


Pour les élus de ces villes, la limite d'extension des zones commerciales, c'est quand il ne reste plus le moindre hectare de terre agricole. Les propriétaires quant à eux ne peuvent pas laisser passer les offres d'achat au prix qu'on leur propose

Sans parler de l'impossibilité totale de desserte en transport collectifs, et l'obligation de la voiture qui génère des bouchons là ou par le passé, rien ne coinçait (!), on assiste à un dézingage total de l'infrastructure commerciale de centre village ; les "petits commerçants" n'ont pas la capacité de lutter contre, c'est largement démontré, et on désertifie les rez de chaussée...



Et à l'intérieur même des zones, la circulation n'est pas triste non plus : ceux qui vont dans quatre ou cinq enseignes prennent quatre ou cinq fois leur automobile pour aller de l'une à l'autre.
ANTWERPEN-CENTRAAL - ANTWERPEN BERCHEM- MORTSEL - HOVE - KONTICH - DUFFEL - SINT-KATELIJNE WAVER - MECHELEN NEKKERSPOEL - MECHELEN - WEERDE - EPPEGEM - VILVOORDE - BRUSSEL-NOORD - BRUSSEL-CONGRES - BRUSSEL-CENTRAAL - BRUSSEL-KAPELLEKERK - BRUSSEL-ZUID
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 31 Mars 2017, 16:08:40

Ceci étant, la grosse différence est l'impact dans le paysage. En tunnel, forcément... ::)

Mais d'un autre coté, l'infrastructure aérienne de l'aérotrain dégage une certaine poésie, et je le dis le plus sérieusement du monde. Elle s'inscrit dans le paysage, elle entretient un rapport, un dialogue avec.
Les piliers avec leur forme répétitive et cependant faussement simpliste, ne sont pas si massifs qu'ils pourraient l'être. Les tabliers avec leur poutre en T inversé donnent également à voir une économie de matière...

La ou on ne pourrait avoir que des champs anonymes pliés à la logique agricole la plus productiviste et bestiale, on a un évènement formel qui différencie le lieu d'une façon dynamique. Je ne parle pas d'esthétique, de rapport entre le "c'est joli" ou "c'est moche", ou tout autre opinion dont tout le monde se contrefoot. Je fais un constat, comme pourrait le faire un géographe ou un paysagiste : c'est un lieu qui devient chargé de sens.

Une image, une seule pour illustrer ce que j'évoque : https://www.google.fr/maps/@48.0246393, ... 312!8i6656
Partez de la droite, et balayez lentement vers la gauche.

Se dévoilera alors une inscription dans le paysage tout autre, qualitativement, que les grosses balafres en tranchée et les ponts massifs tagués à peine terminés de son remplaçant, le tgv... >:D


Ceci étant, les "impératifs" successifs s'accomodant mal de la réutilisation intelligente des vestiges, la suite donne souvent ceci : https://www.google.fr/maps/@48.0456936, ... 312!8i6656
On tranche littéralement dans le vif, sans se soucier de ce que cela peut donner comme paysage... ::) Mais voui, mais voui. On sait. Ça coûte !
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Message non lupar man-x86 » 01 Avr 2017, 13:04:20

amaury a écrit :Si on regarde les centres-villes qui s'en tirent, on remarque des facteurs partagés : forte attractivité touristique et/ou niveau de revenus élevés sur l'agglomération et/ou pôle isolé. La limitation des zones commerciales en périphérie est un plus. Mais les arguments d'implantation des zones commerciales en périphérie, c'est l'économie et donc l'emploi. C'est plus facile de résister à ce discours (qui, du coup, est faux, soit dit en passant...) si on a un niveau de revenu élevé sur le territoire et/ou une autre source de revenus pour le territoire (tourisme). Pendant ce temps, en Allemagne, la dimension des secteurs piétonniers, même dans des petites villes, est impressionnante. Pendant ce temps, en Autriche, on a développé il y a au moins 30 ans la notion de "ville à courtes distances" (je ne parle pas allemand). Et les commerces se portent très bien. Et c'est eux qui réclament là-bas les mesures que beaucoup de commerçants français rejettent : réduction des vitesses, piétonnisation, aménagements incitant aux déplacements à vélo, etc.


Ce que j'apprécie pas mal, c'est le fait d'avoir de la place et que ce soit bien desservi. Pour comparer le sud-est de Lyon, où on est tenté de faire ses courses à Ca*** ou Au*** à Vénissieux ou St-Priest, il faut accepter de perdre au moins 30min entre le moment où on sort du tram (ou que l'on arrive dans les bouchons en bus ou en voiture), et le moment où on en ressort.
En regardant d'autres magasins plus raisonnables, le parking est limité à 50~150 places de parking (souvent partagées avec plusieurs magasins), et le plus souvent, ils sont à <10min de marche du centre d'un quartier (ou bien d'une petite ville), en face d'un arrêt de bus, et à <10min d'un arrêt de train. Et pour la question du prix, la chose assez appréciable est d'avoir les mêmes prix dans des magasins de la même chaîne, ça évite d'entasser tout le monde dans le même magasin (même immense).

D'après un collègue ayant travaillé chez Li***, les habitudes des clients sont assez variables en fonction des pays. En général, les Autrichiens et les Allemands vont faire leurs courses en 10~15min entre le lieu de travail et la maison (d'où le placement stratégique des magasins entre les gares et les centre-villes, et leur taille raisonnable). La chose amusante viendrait des Autrichiens qui font assez attention sur la provenance de la nourriture, du coup, certaines chaînes de magasins ont dû s'adapter (les Allemands ont aussi pas mal d'habitudes régionales).
Pour l'instant, les seuls magasins que je ne trouve pas très pratiques (voiture ou TC) le sont surtout de par leur taille. Les vendeurs de meubles Suédois avec un magasin immense (peu de personnes apprécient de se déplacer à St-Priest pour choisir et payer, puis devoir se déplacer à Toussieu, pas accessible en TC, pour emporter le bazar, autant que de rouler 1h en train/voiture pour aller à Sauerlach).

Je me demande toujours si ça serait possible de rendre la presqu'île Lyonnaise piétonne, et d'améliorer pas mal de carrefours (par exemple vers le Vinatier, Grange Blanche, la Guillotière, les Charpennes) avec des passages piétons/vélo souterrains (de préférence moins glauques qu'à Perrache), et pourquoi pas suspendus (il n'y a pas beaucoup de place aux Charpennes).
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 01 Avr 2017, 13:24:09

Salut

En quoi des passages souterrains ou aériens pour piétons et/ou vélos représenteraient-ils une amélioration dans ces quelques carrefours ?
Ma question n'est pas du tout posée sur un ton caustique.

En alternative, je pense toujours aux "plateaux (ou trottoirs) traversants", dont la bosse oblige les voitures à fortement ralentir, qui permettent de supprimer certains feux de circulation, mais pratiquement pas utilisés à Lyon.
J'avais proposé qu'un tel plateau soit envisagé à l'intersection av. Berthelot / Jean Jaurès, il y a quelques années, lors de la concertation sur la Gare ferroviaire Jean Macé.

Il me semble qu'ils seraient particulièrement adaptés pour modérer le flux en coupant un certain nombre de routes quand elles deviennent la rue principale commerçante de certaines villes de banlieue. :
- D486 dans Oullins et St Genis Laval,
- Avenue de la République à Tassin au croisement avec le nouveau mail, et la place Vauboin (horloge de Tassin)
- Avenue Jean Moulin au centre village de Caluire
- D483 au cœur de Crépieux, puis de Rillieux Village
- D317 à la traversée de Décines et Meyzieu
- Croisée Jaurès Carnot au centre de Saint Fons.
- D306 dans St Bonnet et St Laurent de Mure

On en est loin :
dans le Progrès d'aujourd'hui il y a un article compatissant, exposant que la police a bien consigne de ne pas pénaliser les voitures de commerçants, garées sur le trottoir quand la Saône un peu haute envahit le parking sur berge du quai Arloing à Vaise - mais que cette consigne n'avait sans doute pas été comprise par de jeunes policiers débutants qui avaient mis des PV.
Il y a encore du boulot à faire.


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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar phili_b » 01 Avr 2017, 15:07:08

nanar a écrit :En quoi des passages souterrains ou aériens pour piétons et/ou vélos représenteraient-ils une amélioration dans ces quelques carrefours ?
Ma question n'est pas du tout posée sur un taux caustique.

En alternative, je pense toujours aux "plateaux (ou trottoirs) traversants", dont la bosse oblige les voitures à fortement ralentir, qui permettent de supprimer certains feux de circulation, mais pratiquement pas utilisés à Lyon.


Clairement les passages souterrains coutent plus chers, sentent mauvais (c'est un euphémisme), ne sont pas rassurants à la tombé de la nuit. À part les voies rapides ou les lignes de trains ou de métro où ça a été prévu en amont, c'est très compliqué, et une passerelle est dans ce cas préférable quand il n'y a pas le choix. En plus que ça soit pour les PMR ou les courses, valises etc... ce n'est pas pratique voire impossible dans certains cas à moins de rajouter un ascenseur.


Effectivement les plateaux sont nettement préférables car ils ralentissent la circulation, sont visibles de loin, sont d'une couleur qui les différencie. En plus ils me semblent plus efficaces et en même temps moins destructeurs pour les véhicules qui sont surpris et freinent mal à propos sur les petits dos d'ânes. J'aimerais bien qu'ils en rajoutent plus dans le village où j'habite là où les voitures prennent trop de vitesse, mais dans Lyon ça serait bien aussi pour les mêmes raisons.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar amaury » 01 Avr 2017, 15:49:46

Objectivement, enterrer ou surélever trop les passages piétons et cyclistes n'est pas logique. Les modes actifs reposent, par définition, sur l'effort physique uniquement. Les freins à leur développement sont notamment l'effort lorsqu'il est considéré comme excessif ou encore les arrêts/départs (par l'inconfort qu'ils procurent et, particulièrement pour les cyclistes, par l'effort démultipliée qu'ils entrainent).

Bref, s'il faut "enterrer" ou "surélever des modes, il s'agit logiquement des modes motorisés. Et le problème, c'est bien que c'est moche (en plus d'être compliqué techniquement donc coûteux) ! Mais les passages type Perrache / Verdun ou Verdun / Galliéni / Récamier ou encore les passerelles de la Part-Dieu sont l'exemple extrême de ce qu'il ne faut pas faire. :(
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar man-x86 » 01 Avr 2017, 16:15:12

phili_b a écrit :
nanar a écrit :En quoi des passages souterrains ou aériens pour piétons et/ou vélos représenteraient-ils une amélioration dans ces quelques carrefours ?
Ma question n'est pas du tout posée sur un taux caustique.

En alternative, je pense toujours aux "plateaux (ou trottoirs) traversants", dont la bosse oblige les voitures à fortement ralentir, qui permettent de supprimer certains feux de circulation, mais pratiquement pas utilisés à Lyon.


Clairement les passages souterrains coutent plus chers, sentent mauvais (c'est un euphémisme), ne sont pas rassurants à la tombé de la nuit. À part les voies rapides ou les lignes de trains ou de métro où ça a été prévu en amont, c'est très compliqué, et une passerelle est dans ce préférable quand il n'y a pas le choix. En plus que ça soit pour les PMR ou les courses, valises etc... ce n'est pas pratique voire impossible dans certains cas à moins de rajouter un ascenseur.


L'idée, c'est plutôt un large passage sous le carrefour complet, un peu comme si les mezzanines du metro étaient accessibles et balisées pour traverser les carrefours de Mermoz-Pinel ou Grange-Blanche.
Il y a plusieurs échelles, mais un des plus grands que j'ai vu était sous la Karlsplatz de Munich :
Image
(Mais j'ai entendu parler de passages du genre immenses dans des villes Canadiennes).

Il y a aussi des passerelles pas trop mal foutues (bien intégrées, accessibles et pratiques, mais subjectivement assez moches) entre le Tonkin et la Doua, et entre Grenoble et Échirolles.


phili_b a écrit :Effectivement les plateaux sont nettement préférables car ils ralentissent la circulation, sont visibles de loin, sont d'une couleur qui les différencie. En plus ils me semblent plus efficaces et en même temps moins destructeurs pour les véhicules qui sont surpris et freinent mal à propos sur les petits dos d'ânes. J'aimerais bien qu'ils en rajoutent plus dans le village où j'habite là où les voitures prennent trop de vitesse, mais dans Lyon ça serait bien aussi pour les mêmes raisons.


Avec la circulation Lyonnaise, je ne pense pas qu'un passage surélevé suffise à faire peur aux automobilistes intouchables :crazy2:... Par exemple, la rue de la Bombarde, en bas de la montée du chemin-neuf. La rue est pavée et il est difficile d'y rouler vite, mais ce n'est pas pour autant que les automobilistes cèdent le passage aux piétons :crazy2:.

Après, les pavés et les ralentisseurs sont assez terribles au niveau du bruit. Une des meilleures technique que j'ai vu pour faire ralentir les voitures, c'était le revêtement d'une route plein de trous et de bosses au niveau des villages qu'elle traversait (je ne sais pas si c'est intentionnel, mais c'était efficace, pas moyen de rouler à >25km/h sans que tout tremble, et on se faisait doubler par les vélos sur la piste cyclable voisine en parfait état).
Mais pour des aménagements intentionnels, j'ai tendance à y préférer les chicanes, plus sécurisantes pour les deux-roues et plus fluides (n'importe quelle voiture est capable d'atteindre 50km/h en quelques secondes, un ralentisseur n'empêchera pas un abruti d'accélérer bruyemment juste après) :knuppel2:.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 01 Avr 2017, 23:29:27

Salut

Je suis également favorable à des systèmes de chicanes. Ils peuvent s'ajouter à une zone protégée en amont par un plateau traversant.
En fait ce sont tous des procédés tendant à faire d'une rue un espace (de "séjour", pourrait-on dire) au lieu d'un corridor (de transit).

Du coup :
Quelle transformation des places (Vinatier, Grange Blanche, la Guillotière, les Charpennes) pourrait-on imaginer ?
- A la Guillotière, si on piétonnisait la Grande Rue de la Guillotière, on pourrait dans la foulée réduire la place donnée au flux allant du Rhône vers la place Gabriel Péri : ça ouvre des possibilités pas inintéressantes
- A Grange Blanche, j'ai déjà un peu cogité, sans grand résultat, pour enlever le rond-point.

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Tous à 30 minutes maxi de son emploi : La ville cohérente

Message non lupar nanar » 09 Avr 2017, 11:37:47

Salut

Un texte pas inintéressant :



Tous à 30 minutes maximum de son emploi : l’hypothèse de la "ville cohérente"

Par Jean-Pierre Orfeuil (Urbaniste)

Comment réduire à 30 minutes maximum la distance domicile-travail ? Quelles sont les transformations à effectuer, les difficultés à surmonter ? Jean-Pierre Orfeuil, spécialiste des mobilités urbaines, nous parle des conclusions de son étude menée en Ile-de-France pour la transformer en « ville cohérente ».

La "ville cohérente" ne se définit pas en termes morphologiques, mais en termes fonctionnels : Emre Korsu, Marie-Hélène Massot et moi, nous l’avons définie comme une ville où personne n’habite trop loin de son travail. Dans l’étude menée en Ile-de-France, nous exigeons que dans tous les ménages, au moins un actif mette moins de 30 minutes pour se rendre à son travail dès lors qu’il utilise le mode le plus rapide, transports publics ou voiture. Ce que nous cherchons à tester, c’est si une ville donnée, avec ses immeubles de bureau et de logement plantés là où ils sont, peut offrir à tous cette possibilité, et à quelles conditions. Ce n’est pas gagné, puisqu’aujourd’hui, un tiers des actifs franciliens met plus de 30 minutes, dans des trains souvent bondés ou sur des autoroutes saturées, ce qui nous a motivé pour entreprendre ce travail.

Comment transformer l’Ile-de-France en « ville cohérente » ?

Pour simuler la transformation de l’Île-de-France toute entière en "ville cohérente", nous examinons un à un l’ensemble des ménages d’actifs de la région. Si au moins un actif d’un ménage est à moins de 30 minutes de son travail, nous considérons que ce ménage est bien situé. Il reste là où il est, rien ne change pour lui. Si au contraire dans un ménage à un actif, il est à plus de 30 minutes, et si dans un ménage à deux actifs, les deux sont à plus de 30 minutes, nous considérons que ce ménage est mal situé. On cherche à le reloger plus près. Pour cela, nous vidons, par la pensée bien sûr, tous les logements des ménages mal situés et organisons entre eux une sorte de gigantesque bourse du logement, une sorte de jeu de chaises musicales si vous préférez en nous assurant que les relogements se font à moins de 30 minutes du travail pour au moins l’un des actifs. Bien entendu, nous relogeons les gens dans les logements convenables, on ne reloge pas une famille nombreuse dans un studio. Lorsque ça bloque, parce qu’il n’y a pas assez de logements, nous prenons le parti de construire des logements nouveaux.

I. Constats sur la situation actuelle

Comme d’habitude dans nos approches de simulation, nous obtenons 2 types de résultats. Les premiers, permettent de mieux comprendre les raisons de la situation actuelle. Les seconds, permettent d’apprécier le potentiel de réduction lié à la stratégie étudiée.

1. La majorité des ménages est bien localisée

On observe d’abord que 70 % environ des ménages d’actifs sont bien situés. C’est beaucoup, et sans doute beaucoup plus que ce que nous suggèrent les images d’autoroutes saturées, de trains bondés. C’est rassurant, cela montre que beaucoup de gens sont attentifs à cette question, font attention lorsqu’ils se logent à l’endroit de leur travail. Mais c’est aussi inquiétant : s’ils cessaient de l’être, si ces 70 % d’actifs bien situés ne trouvaient plus chaussure à leur pied sur le marché du logement, notre système de transport ne serait plus saturé, il exploserait.

2. La tendance à l’éloignement croît avec la concentration de l’emploi

On observe ensuite que les raisons de l’éloignement de plus de 30 minutes entre le domicile et le lieu d’emploi, ne sont pas celles auxquelles on pense habituellement. Non, les familles nombreuses, les ménages modestes et même les périurbains ne sont pas plus nombreux à être mal situés. Les deux déterminants les plus importants de l’éloignement sont la concentration de l’emploi (travailler dans un lieu où la densité d’emploi est forte, comme à La Défense et dans l’ouest parisien) et la cherté moyenne du prix de l’immobilier (que ce soit à l’achat ou à la location) autour du lieu d’emploi. On passe par exemple de près d’un actif mal localisé sur deux à Paris à moins d’un sur 6 lorsque l’emploi est situé en grande couronne ce qui signifie éloigné. Si je prends les 27 communes (sur les 1200 que compte la région) où les emplois sont les plus concentrés et où les prix moyens au voisinage de ces emplois sont les plus élevés, ces 27 communes rassemblent près de la moitié des actifs mal localisés de la région.

3. La gentrification participe indirectement à l’éloignement

Ces deux éléments, concentration de l’emploi et prix immobiliers au voisinage de l’emploi, sont évidemment liés et sont aussi un déterminant fort de l’éloignement. Mais il faut aussi se méfier des explications trop automatiques. Ainsi, parmi les ménages mal localisés, plus du tiers vit dans un endroit où l’immobilier est plus cher qu’au voisinage de leur lieu d’activité. C’est le cas pour près de la moitié des cadres, et pour plus de la moitié pour des ménages parisiens. C’est une forme de mal localisation choisie et non pas subie, c’est le prix que les plus aisés acceptent de payer pour être entre soi. Cela fait monter les prix immobiliers, ce sont des zones recherchées et contribue à réduire les possibilités de bien se situer pour les ménages plus modestes. Dernier point, qui aura des conséquences pour la suite, ceux qui sont mal localisés sont plus utilisateurs des transports publics que les biens localisés : 58 % des mal-localisés utilisent les transports publics, pour se rendre à leur travail, contre 44 % seulement pour ceux qui sont bien localisés. Donc quand on va bien localiser les gens, ils vivront un peu moins les transports publics.


II. Comment faire advenir la "ville cohérente" ?

1. Construire des logements neufs pour un quart des relogés

Nous arrivons à reloger dans les logements existants et « convenants » à la taille des familles, les trois quarts des actifs grâce aux échanges de cette énorme bourse au logement. Cela signifie que pour un quart d’entre eux, il faut qu’on imagine de construire des logements neufs. Ce qui manque, c’est surtout en banlieue proche, ce sont les grands appartements en locatif privé d’abord, puis en locatif social et puis enfin en accession à la propriété. Ce besoin, il est important, il n’est pas énorme, il pourrait être satisfait avec 3 ans de construction neuve, mais de construction neuve au bon endroit dans la région.

2. Reloger les trois quarts des gens avec un peu moins de confort

Pour ceux qui changent de logement dans le parc existant, si l’on raisonne en moyenne des prix immobiliers par quartier, et bien ils doivent aller vers des lieux où les prix immobiliers vont être un peu plus élevés en moyenne. Ils ont en échange de meilleures conditions de déplacements. Mais dans chaque zone, il y a des différences de prix par m2 liées à la qualité du quartier, de l’immeuble ou à la position du logement dans l’immeuble. Quand on tient compte de tout ça, on voit qu’on peut toujours se loger plus près et à peu près au même prix, mais en perdant quelque chose dans un de ces domaines, qualité du logement par exemple.... C’est ce qui passerait demain, si le train ou l’essence devenaient hors de prix, on se relocaliserait plus près avec un petit peu moins de confort.

3. Résultats : des temps de transport et des autoroutes aux trafics allégés

Pour les transports, les changements qui sont simulés soulagent énormément et les autoroutes et les trains aux heures de pointe. La baisse de l’occupation des transports publics est de l’ordre du tiers, ça devient plus confortable. Pour les routes et autoroutes, la baisse n’est que de 10 %, mais 10 % en moins aux heures de pointe, on sait que c’est à peu près 25 % de temps de trajet perdu en moins. Par ailleurs, on peut faire mieux pour la route notamment parce qu’avec des gens plus près, on utilise plus des vélos, des vélos électriques, des modes moins encombrants à condition que ces modes soient bien accueillis sur la voirie et que les usagers ne se sentent pas vulnérables. Ce que montre avant tout ce travail, c’est que l’éloignement n’est pas une fatalité. En Ile-de-France, même dans la situation actuelle, où l’emploi est très concentré, rapprocher les gens de leur travail n’est ni impossible, ni très coûteux.

III. Les conditions du succès

Il ne faut pas être naïf, et nous savons qu’il y a des obstacles sur ce chemin et ces obstacles ne sont pas minces.

1. Se concentrer sur les emplois stables


Pour que la démarche ait un sens, il faut se concentrer sur ceux qui ont un emploi stable. On ne fait pas la "ville cohérente" avec des emplois précaires où les gens changent de lieu de travail tout le temps. Nous ne pourrons pas s’ajuster en permanence entre emploi et résidence. La flexibilité du travail est sans doute utile, mais elle a des limites et un coût caché important.

2. La nécessité d’une approche coordonnée entre logement et transport

Pour que cette démarche ait une chance d’être mise en œuvre, maintenant que les pouvoirs publics s’en saisissent, il faudrait que les services qui s’occupent du logement et des transports se parlent, aient une approche coordonnée, une vision commune et acceptent que les budgets des uns puissent servir aux autres. On en est sans doute très loin aujourd’hui.

3. S’appuyer sur les aspirations des individus

On ne doit pas non plus ignorer que certains ménages ont développé des attaches là où ils résident. On ne va pas remplacer des transports contraints par des localisations contraintes. Il faut donc se focaliser sur ceux qui sont prêts à bouger. Ils sont nombreux. En dix ans, ce sont plus des trois quarts des actifs qui ont changé de résidence ou d’emploi, ou des deux. L’enjeu, c’est de ne pas décourager ces changements et d’essayer qu’ils se fassent avec des rapprochements. Que passer d’une commune à une autre ne fasse pas perdre ses droits au logement social par exemple. Que revendre pour acheter ailleurs plus près ne soit pas pénalisé par des droits de mutation très élevés quand on est propriétaire. Plus encore, qu’on prenne conscience que transporter un usager sur des distances longues dans des contextes métropolitains, exige plus de 5000 euros d’aides publiques par an, et il faut se demander si ces 5000 euros seraient pas mieux employés à aider des personnes à trouver un logement plus proche de là où ils ont à aller.

Un long chemin à parcourir

En conclusion, aujourd’hui, nos règles, notre fiscalité, et même le tarif unique dans les transports d’Île-de-France nous incitent à l’immobilité résidentielle, alors que l’économie demande plus de mobilité sur le marché du travail. Ces deux faits mis bout à bout, cela fait des trains bondés et des autoroutes saturées, malgré 10 % de chômeurs. Ça coûte cher et ne satisfait personne. Pour résumer, la "ville cohérente", c’est une démarche qui peut être progressive, c’est petit à petit plus de cohérence dans des politiques publiques qui en manquent cruellement aujourd’hui. Ce n’est pas le grand soir, mais y a du boulot !

Commentaire perso : Ayant réussi les 32 dernières années de ma vie professionnelle à réduire ce temps domicile/travail à moins d'un quart d'heure (et même moins de 10 minutes, une fois marié, sur les 18 dernières années, pour les deux conjoints), je ne vous dis même pas à quel point je souscris

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Message non lupar man-x86 » 09 Avr 2017, 15:15:18

Je plussoie, mais il y a quelques nuances :crazy2:.

Personnellement, je trouve que la qualité des trajets importe plus que leur durée.
En ce moment, j'ai le choix entre 30min de voiture (entre 15 et 45min selon le trafic), ou 40min à pieds (traversée d'un parc + zones piétonnes) + train. Inutile de dire que le second est moins fatiguant (en plus d'être légèrement moins cher).

Pour en rajouter sur les passages souterrains, j'ai pris quelques exemples en photo :

Image
Pasing
Ici, le passage est assez large (piste cyclable à double sens + piétons) et traverse une route assez fréquentée et entièrement la gare.
Vu comme c'est large, bien éclairé et aéré, il n'y a pas de souci de "mauvaise rencontre" ou d'odeurs nauséabondes.

Image
Celui-ci est sous la gare de Gröbenzell, beaucoup moins haut, mais il ne passe que sous 4 voies ferrées et une passerelle cyclable. Par contre il est assez large pour ne pas que les cyclistes n'aient à ralentir.

Image
Je suppose que phili_b pensait à ce genre de passages souterrains :
Phili_b a écrit :Clairement les passages souterrains coutent plus chers, sentent mauvais (c'est un euphémisme), ne sont pas rassurants à la tombé de la nuit.

En pratique, celui-ci est utilisé pour traverser une route complètement bouchée le matin, mais il reste dimensionné pour une ville de 20k habitants (contrairement aux affreux passages autour de Perrache).

Certains de ces passages (ceux à proximité des gares) sont de vraies autoroutes à piétons et à vélos aux heures de pointe.
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Re: Tous à 30 minutes maxi de son emploi : La ville cohérente

Message non lupar phili_b » 09 Avr 2017, 21:48:57

man-x86 a écrit :Je suppose que phili_b pensait à ce genre de passages souterrains :


Oui, tout à fait.

Après si effectivement les autres passages, que tu montres, sont largement mieux conçus (plus large, rampe pour vélos, bagages, PMR), ils ne sont pas tous des havres de paix. Et on ne doit pas pouvoir les placer si facilement (coût, envergure). Mais à choisir, de toute façon la version avec escalier de base est à éviter autant que possible, car si personne ne la prend, autant ne pas le faire même si elle est moins chère.

nanar a écrit :Un texte pas inintéressant :Tous à 30 minutes maximum de son emploi : l’hypothèse de la "ville cohérente"


Très intéressant. Mais ils axent trop majoritairement leur analyse sur le choix d'emplacement du logement en ne faisant qu'effleurer la problématique des actions qui ont amenés certains entreprises à s'installer à tel ou tel endroit. Leur méthodologie est originale mais ils auraient du essayer de l'appliquer aussi du point de l'entreprise.

man-x86 a écrit :Personnellement, je trouve que la qualité des trajets importe plus que leur durée.
En ce moment, j'ai le choix entre 30min de voiture (entre 15 et 45min selon le trafic), ou 40min à pieds (traversée d'un parc + zones piétonnes) + train. Inutile de dire que le second est moins fatiguant (en plus d'être légèrement moins cher).


Oui ou alors il faudrait appliquer un coefficient de pénibilité. Je préfère 2h de tgv à 1h de métro, ou 40 minutes de tram à 30 minutes en métro bondé, ou si le trajet n'est pas direct le faire à pied en 15 minutes à l'air libre que de devoir changer à Charpennes pour le même temps, etc...
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 09 Avr 2017, 22:00:42

Salut

Cette phrase du Paragraphe III-3 me parait importante
On ne doit pas non plus ignorer que certains ménages ont développé des attaches là où ils résident. On ne va pas remplacer des transports contraints par des localisations contraintes.
Il faut donc se focaliser sur ceux qui sont prêts à bouger. Ils sont nombreux. En dix ans, ce sont plus des trois quarts des actifs qui ont changé de résidence ou d’emploi, ou des deux.
L’enjeu, c’est de ne pas décourager ces changements
et d’essayer qu’ils se fassent avec des rapprochements.


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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar turbotrain » 09 Avr 2017, 22:25:14

Changement d'emploi ou de résidence : par volonté ou par obligation (licenciement/démission, faillite, choix de vie, mariage/divorce/naissance, etc.) ?
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 11 Avr 2017, 01:55:05

Salut,

Sans doute un peu de toutes ces raisons.
Mais cela empêche t-il de tenter de mettre en place la solution proposée, au moins pour ceux qui sont intéressés ?
J'avais d'ailleurs proposé la mise en place d'une organisation pour faciliter la mobilité dans le logement dans l'avis déposé il y a un an par DARLY à la fin de la contribution sur le PDU : viewtopic.php?f=1&t=12903#p197713

Une voiture revient 4 ou 5000 euros par an.
Et d'après un article récent du journal Les Echos, chaque abonné TER de province serait subventionné à raison de 7800 € par an
Est-ce que ces deux "business plan" sont soutenables ? :buck2: :idiot2:

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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar tibidibtibo » 11 Avr 2017, 11:05:08

Une part du problème se situe dans le marché immobilier : aujourd'hui acheter un bien est une sécurité mais c'est horriblement coûteux, quand on a la possibilité financière pour se lancer, on se lance et puis on ne bouge pas de sitôt (en raison des frais de notaire, d'agence, les taxes sur les plus-values, déménagement, variation des taux d'emprunt, ...). Il n'est pas évident de changer de résidence quand l'achat est récent, c'est financièrement négatif ... mais de manière générale c'est coûteux de changer de résidence quand on est propriétaire. La location est moins contraignante à ce niveau, quoique le déménagement :P

Le problème c'est que les situations professionnelles ne sont plus stables et fixes comme auparavant, cette "mobilité" professionnelle entraîne la "mobilité" géographique et celle-ci est freinée par le contexte immobilier actuel (sauf quand on est en location bien sûr).

Résultat : un changement de situation professionnelle n'entraîne pas forcément une mobilité géographique, d'où des personnes effectuant de grands trajets. D'autant que la stabilité d'un emploi n'est pas garantie, à quoi bon changer de résidence quand on est pas sûr de garder son emploi ?

Personnellement j'habite à 50km de mon lieu de travail et tous les jours c'est TER+TAN (Nantes), l'abonnement TER me coûte 65€/mois pour un trajet de 17 min en direct et 27 min en omnibus + 30 minutes de tramway. Je fais 2h30 de trajet chaque jour (avec les parties à pied), c'est long mais beaucoup plus intéressant financièrement que la voiture (pour 1h40 aller/retour via autoroute). J'ai choisi cette situation car elle est tolérable d'un point de vu temps, financièrement intéressante mais aussi très souple vis-à-vis de mon emploi (à proximité de deux grandes villes). J'ai adapté mon lieu de résidence à la fluctuation très probable dans les années à venir de mon lieu de travail.

Je suis sûr d'être propriétaire de ma maison, je ne suis pas sûr de mon contrat de travail. En gros le challenge est d'arriver à concilier les deux.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 24 Mai 2017, 16:10:30

La problématique rejoint ce qui avait été évoqué précédemment : http://www.lyonpremiere.com/Transport-e ... 15647.html
;)
Coups de coeur / coups de vapeur ; ma chaîne youtube : https://www.youtube.com/channel/UC99xju ... J1jNp3FLhA
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar phili_b » 24 Mai 2017, 23:07:41

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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 25 Mai 2017, 12:36:22

Oups. :-[
Corrigé !
Merci Phili_b
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 18 Août 2017, 14:33:20

Salut

Une thèse sur la mise au point d'un modèle relatif à la marchabilité (exemple de l'agglo lyonnaise) avec, vers la fin, plusieurs cartes qui pour certaines donnent des résultats "contre intuitifs" (mais il y a des tentatives d'explication dans le corpus de la thèse).

http://www.territoires-ville.cerema.fr/ ... 2cd32a.pdf

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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 25 Oct 2017, 01:00:46

Salut

Un tour des solutions pour desservir les "zones de moyenne densité"
http://www.theshiftproject.org/sites/de ... sp_web.pdf

Voir le paragraphe sur les bus express en pages 64 et suivante, en particulier le cas de Madrid où,
en moyenne, chaque autoroute permet à 60 000 passagers par jour de transiter en bus, soit
l’équivalent du flux de voitures pouvant transiter par une voie d’autoroute.


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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 25 Oct 2017, 21:56:23

ON commence a avoir quelques retours d'expérience sur les changement de mobilité induits par les voitures électriques.
En particulier sur les relations de type suburbaines...
http://www.leprogres.fr/jura-39-edition ... electrique

Amateur de voitures puissantes, Mathieu Amrani est tombé sous le charme de l’électrique depuis avril. « Avec ma compagne, on y a tellement pris goût qu’on est parti jusqu’en Espagne cet été ! Bon, on a mis 11 heures pour rejoindre Montpellier… » Mais le jeune homme, pas encore trentenaire, remarque que suivre les routes départementales (et surtout le chemin des bornes électriques) est une autre façon de voyager.
« Et puis elle fait 110 chevaux, mais les voitures électriques ont un couple formidable ! Quand j’ai besoin de doubler, ça envoie ! »
Sa voiture, une Nissan Leaf, il l’a d’abord achetée pour réaliser ses trajets quotidiens entre La Chaux-du-Dombief, où il vit, et son travail, en Suisse, à côté de Lausanne.

« Je fais 150 km par jour. Avec une essence sportive j’en avais pour 500 € par mois. Une diesel, je peux estimer que ça me coûterait environ 300 € par mois. Maintenant, quand je rentre du travail, je branche ma voiture sur mon réseau électrique toute la nuit. Je n’ai pas encore reçu de facture pour pouvoir comparer mais, sur les forums, les gens annoncent un coût d’environ 3 € pour la recharger. Certains ont augmenté leur ampérage parce que la voiture en recharge a besoin de 3 kilowatts. Du coup, ils ont une majoration d’environ 40 € par mois. »
Il faut noter que Mathieu Amrani a la possibilité de recharger son véhicule sur le parking de son entreprise suisse. « J’ai opté pour une voiture électrique pour des raisons économiques avant tout. L’aspect écolo, quand on sait ce qu’il y a dans les batteries… » Quasiment neuve à l’achat, sa voiture lui a coûté 21 000 €: « Comme j’achetais une électrique, ils m’ont repris un vieux diesel pour 4 000 € de prime à la casse ; j’ai eu une aide de l’État de 6 000 € et ajoutez à cela le geste commercial du garage. » Enfin, il n’a pas payé sa carte grise.

« Au début, je me suis fait quelques frayeurs ! »
Et a changé sa façon de conduire. « Dans la région, avec les montées, il faut gérer l’autonomie. Je roule tranquille. Ce qui est pas mal pour mes points et pour éviter l’accident ! J’arrive maintenant à rentrer chez moi, avec encore 40 % de batterie, quand il fait bon. Au début, je me suis fait quelques frayeurs ! Et puis, je sais que, s’il fait froid, elle mettra plus de temps à charger et va consommer un peu plus. Surtout si je mets le chauffage. »
Enfin, lui qui n’hésitait pas à soulever le capot de ses voitures thermiques, avoue : « Si je tombe en panne aujourd’hui, je ne pourrai pas me débrouiller tout seul ! »




Contre - « La voiture électrique est faite pour les gens convaincus qui font plutôt 12 000 km par an »
Sébastien Pernin, Kia, Garage des Sports

« On sent une évolution dans les ventes. Mais la voiture électrique est faite pour les gens convaincus qui font plutôt 12 000 km par an. Et pas pour ceux qui font 150 km par jour. Il faut savoir qu’actuellement, la durée de vie d’une batterie n’est pas celle d’un moteur diesel… Une batterie électrique a une durée de vie d’environ 8 ans et ce, en faisant seulement 15 000 km par an. Comment savoir quelle sera la valeur de votre voiture électrique, que vous avez achetée par exemple 27 000 €, dans cinq ans ? On ne peut pas vraiment répondre. Et il faut penser à la revente. Dans notre garage, neuf clients sur dix achètent une électrique en 2e voire 3e voiture. Et c’est ce que je conseille. Sur les électriques que j’ai vendues en véhicule principal, globalement les clients ont du mal à renouveler. Sauf si c’est leur 2e voiture. Et puis il faut souligner qu’on a un problème de bornes de recharge rapide. D’un côté on a un ministre qui incite à rouler en électrique et une prime de l’État et de l’autre on n’a pas assez de bornes ! Comment voulez-vous que le marché évolue ? Ça bloque l’achat. En premier lieu, il faudrait que tous les garages proposent gratuitement une borne à recharge rapide. Pour les longs trajets, on est revenu au temps de la diligence où il faut s’arrêter en auberge le long de son parcours ! »

Pour - « Pour que l’achat soit rentable, il faut rouler beaucoup, tous les jours mais pas sur de trop grands trajets »
Hugo Bourny, Nissan, Groupe JMJ Automobiles

« Dans le Jura chez Nissan, nous ne vendons des véhicules électriques que depuis un peu plus d’un an. Je ne peux donc pas comparer de manière chiffrée les ventes entre deux années, mais on voit que la demande est en pleine croissance. Nos acheteurs ont des profils aussi variés que ceux intéressés par l’achat d’un véhicule thermique : jeunes couples, retraités, habitant en ville ou pas... Les gens se tournent vers l’électrique soit par envie ; soit par choix vis-à-vis de l’environnement ; soit par intérêt purement financier. Et je remarque justement qu’on vend de plus en plus de voitures électriques aux travailleurs frontaliers qui roulent beaucoup. Pour que l’achat d’un véhicule électrique soit rentable (sachant qu’il coûte plus cher qu’un véhicule thermique), il faut rouler beaucoup, tous les jours mais pas sur de trop grands trajets. L’autonomie réelle étant d’environ 200 km. Les frontaliers ont le profil et commencent à comprendre l’intérêt : ils rechargent leur véhicule la nuit et roulent ainsi beaucoup, pour pas cher. Pour 3 € vous faites 200 km. »




Repères
6 000
Le nombre de bornes électriques en France en 2017. Lorsqu’elle était ministre de l’Environnement, Ségolène Royal en espérait un million en 2020…

33 000
voitures électriques en circulation, en France, en 2017. Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, vise la fin des voitures essence et diesel en France d’ici 2040.

Sources http://www.francetvinfo.fr http://www.lesechos.fr



Clients du haut Jura
Arnaud Metra, Hyundai

« Il y a un engouement car on a énormément de délai pour recevoir les voitures commandées ! Nos clients sont des petits rouleurs et viennent du haut Jura. Il est vrai qu’il faut un certain pouvoir d’achat pour acquérir une électrique, surtout en 2e voiture. »

Laëtitia Courti
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar amaury » 26 Oct 2017, 15:12:53

BBArchi a écrit :Repères
6 000
Le nombre de bornes électriques en France en 2017. Lorsqu’elle était ministre de l’Environnement, Ségolène Royal en espérait un million en 2020…

Ségolène Royal s'est plusieurs fois emmêlée les pinceaux dans les termes... ou les journalistes qui ont repris ses propos. ^-^ Le problème, c'est que les gens projettent l'usage des véhicules essence / gaz / hydrogène sur l'électrique à batterie et assimilent "point de charge" à "borne". Peu importe, on parlait de millions de "points de charge" et non de bornes. Heureusement car il n'y a pas du tout besoin d'un million de bornes ! Pour comparaison, il y a moins de 12.000 stations-services en France... Mais développons.

Le premier endroit où on charge un véhicule électrique, c'est son lieu de stationnement principal (logement/siège de l'établissement). Ces points de charge principale (prise classique renforcée ou boitier mural spécifique ou borne dédiée) font partie de la somme globale.

L'utilisation type stations-services pour les véhicules électriques (je m'arrête pour recharger jusqu'à 80% de charge en moins de 30 min) concernerait peut-être 2.000 sites, soit 4.000 bornes / points de charge (sur la base d'une station tous les 40 km le long des axes de transit). Ces bornes sont indispensables pour étendre l'utilisation des voitures électriques au-delà de l'usage actuel (domicile - travail ou autre déplacement ne dépassant pas l'autonomie).

Restent les usages complémentaires parfois appelés "charge à destination" et qui permettent de récupérer de l'autonomie alors qu'on stationne pour une autre raison (hôtel, restaurant, cinéma, commerces, parc d'attraction, plages, musée, etc.). Là encore, ce n'est pas forcément le format "borne" qui est concerné et il peut s'agir, selon les cas, de prise classique renforcée ou boitier mural spécifique ou borne dédiée.

Je ne suis pas sûr qu'un million de points de charge soient nécessaires... J'espère surtout que, d'ici là, de plus en plus de nos concitoyens comprendront qu'il faut placer la mobilité (et ses coûts) au centre de leurs choix de localisation résidentielle et que le déplacement le moins cher, c'est celui qui se fait sans voiture (quelle que soit sa motorisation...). :buck2:
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar alecjcclyon » 30 Oct 2017, 20:59:30

Y aura t'il un déclassement pour l'A46/rocade est tel que cela se fera pour l'A6/A7 (avec couloir bus).Je pense qu'il faut rajouter des voies sur ce tronçon,n'en parlons même pas des embouteillages occasionnés les jours de matchs. Je verrais bien une ligne de bus faisant Saint Priest-Decines-Vaulx en Velin-(Villeurbanne: Le Roulet/Place Croix Luizet)-Rillieux
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar phili_b » 30 Oct 2017, 21:43:54

alecjcclyon a écrit :Y aura t'il un déclassement pour l'A46/rocade

:o ?!
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar alecjcclyon » 30 Oct 2017, 22:08:28

J'ai fait une grosse gaffe,désolé je savais pas :-\
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Message non lupar man-x86 » 30 Oct 2017, 22:15:12

alecjcclyon a écrit :Y aura t'il un déclassement pour l'A46/rocade.


Ça ne me parait pas une bonne idée, le trafic* nord-sud (A6, A89, A42 <-> A43, A7, A47) reste très important et ce n'est pas plus mal qu'il passe par la campagne plutôt qu'en ville.
Par contre y rajouter une voie de TC (ou de train) est un très bonne idée. Par contre je pense qu'il vaut mieux rajouter des routes ailleurs (pas forcément avec un gabarit démesuré) plutôt que de rajouter des voies à l'A46 (paradoxe de Braess).

*J'ai fait attention d'écrire "trafic" avec un seul 'f' :police:.
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Message non lupar nanar » 31 Oct 2017, 23:41:10

Salut

alecjcclyon a écrit :Y aura t'il un déclassement pour l'A46/rocade est tel que cela se fera pour l'A6/A7 (avec couloir bus).

Pour qu'une ligne de bus passant sur autoroute soit utilisée par davantage de voyageurs, il faudrait qu'elle ait quelques arrêts sur son trajet autoroutier, lorsque des zones d'activités sont à côté.
Le long de A46, ce n'est pas ce qui manque : Route de Grenoble et Z.I. de St Priest mi plaine, Genas, Chassieu, Décines, Vaulx-en-Velin.
ou des habitations : St Priest, Chassieu, Vaulx.

Mais d'un autre côté les accès de piétons au bord d'une autoroute sont interdits.

Donc il faudrait installer ces arrêts sur des bretelles d'échangeurs existants,
ou, aux autres arrêts, faire des aménagement assez lourds. De chaque côté :
une voie déviée, bordée par un quai fermé, ne s'ouvrant que lorsque le bus est présent,
et une passerelle pour se rendre vers l'arrêt de l'autre sens.

Je pense qu'à terme plus ou moins long, ça se fera.


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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar man-x86 » 01 Nov 2017, 01:34:14

nanar a écrit :
alecjcclyon a écrit :Y aura t'il un déclassement pour l'A46/rocade est tel que cela se fera pour l'A6/A7 (avec couloir bus).

Pour qu'une ligne de bus passant sur autoroute soit utilisée par davantage de voyageurs, il faudrait qu'elle aient quelques arrêts sur son trajet autoroutier, lorsque des zones d'activités sont à côté.
Le long de A46, ce n'est pas ce qui manque : Route de Grenoble et Z.I. de St Priest mi plaine, Genas, Chassieu, Décines, Vaulx-en-Velin.
ou des habitations : St Priest, Chassieu, Vaulx.

Mais d'un autre côté les accès de piétons au bord d'une autoroute sont interdits.

Donc il faudrait installer ces arrêts sur des bretelles d'échangeurs existants,
ou, aux autres arrêts, faire des aménagement assez lourds. De chaque côté :
une voie déviée, bordée par un quai fermé, ne s'ouvrant que lorsque le bus est présent,
et une passerelle pour se rendre vers l'arrêt de l'autre sens.

Je pense qu'à terme plus ou moins long, ça se fera.


C'est tentable de mettre un quai central (et des bus qui roulent à gauche, au milieu ou sur un côté de la route), pour gagner de la place?
Quitte à mettre une passerelle, autant rendre la chose compacte (et un peu moins dangereuse que l'arrêt Genas-Bonnevay de la ligne C8).
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar alecjcclyon » 01 Nov 2017, 19:27:49

Oui bon la 76 fait le trajet Decines-Saint Priest,elle longe la rocade mais il n'y a pas grand monde. Ce serait mieux réutiliser cet axe plutôt que la rocade.Puis a partir de décines,on fait Vaulx puis rillieux (couloir bus entre Vaulx et Rillieux uniquement)
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 01 Nov 2017, 21:50:22

Et accessoirement, penser à fournir un casque / oreillettes de chantier antibruit aux clients qui vont stationner dans l'ambiance sonore de l'autoroute / voie express / gros axe bien roulant et fréquenté.

Le niveau acoustique atteint est absolument effarant... juste pour vérifier, tombez en panne sur le périph et attendez la dépanneuse de l'autre coté de la glissière de sécurité. :crazy2: :buck2:

Je suis moyennement chaud pour le stationnement sur l'autoroute, mieux vaut prévoir une sortie dédiée et aménagée façon SP avec l'arrêt sécurisé dans une zone plus calme...
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 02 Nov 2017, 00:37:24

Ah, il semble que tout le monde ne connaît pas la "gare autoroutière de Briis sous Forges ?

http://www.lechorepublicain.fr/briis-so ... 67063.html

Image

Evitant aux cars et bus de sortir vraiment de l'autoroute, elle fait gagner du temps aux voyageurs.


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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar xouxo » 02 Nov 2017, 10:20:55

Oui nanar, je l'ai déjà vu en passant par là. Ce type de gare se prête vraiment bien aux gare P+R ou de desserte des zones d'activités (bien que généralement peu denses).
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 02 Nov 2017, 19:08:58

Le concept est certes 'fonctionnellement intéressant', mais punaise que ce produit est moche, sinistre, antipathique ! Le concepteur a oublié d'être éduqué à la convivialité ou quoi ? :o
Avoir réussi a créer de toutes pièces un outil en 2006 semblant construit dans les années 70/80, déjà prévieilli et apte à recevoir sa couche de crasse urbaine, à cette échelle, ce n'est plus un accroc, c'est carrément un accident industriel... :'(

Ce truc là est la parfaite illustration de ce que j'exècre dans les comportements et les choix esthétiques faits par des gens qui s'agglutinent en IDF...
Ils ne savent pas imaginer des trucs vivables en plus d'être fonctionnels ? Et ils viennent pleurer au mauvais vivre ensemble après ?
Pas récupérables, ces gens... :(


Une vue aérienne du complexe :
https://www.google.fr/maps/place/91640+ ... 4d2.123584
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar xouxo » 02 Nov 2017, 22:17:51

Ah c'est moche, mais il faut voir qu'un pont autoroutier est intrinsèquement moche à la base. Voilà, un truc "juste" utile.
Au moins on essaye pas de nous faire prendre des vessies pour des lanterne comme ici :
https://www.google.fr/maps/place/91640+Briis-sous-Forges/@48.8515556,2.7845322,118a,35y,39.48t/data=!3m1!1e3!4m5!3m4!1s0x47e5d4634d9f5ae7:0x40b82c3688b4910!8m2!3d48.62436!4d2.123584 (une zone commerciale déguisée en village...)
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 03 Nov 2017, 00:02:58

On peut faire confiance à la Confédération du Commerce pour l'inventivité en matière de concepts foireux court termistes en périphérie des villes... Et qui pourrissent soigneusement l'avenir de nos concitoyens...

Merci pour l'image. On voit parfaitement bien qu'il y a la rue pour acheter au centre, et la rue pour jeter, sur les arrières des bâtiments. Mazette. Quelle belle brochette de poubelles et d'espaces délaissés... >:D


Tiens, à propos, le moratoire sur l'aménagement périphérique et les éruptions de centres commerciaux accessibles uniquement en voiture n'a même pas tenu une semaine ; le club des promoteurs commerciaux semble décidément bien difficile à contrarier. Mais quelle idée aussi, de vouloir imposer une contrainte au monde du commerce, bien planqué derrière la notion de "liberté de commerce". M'est avis que ce n'est pas sous la présidence actuelle qu'on va avoir une évolution / régulation constructive et pérenne...

Ce qui est sûr, c'est que les ministères ne sont pas très au fait des limites de compétences ; la meilleure preuve avec Bercy qui organise l'urbanisme et le développement territorial, y'a un peu confusion des genres...

http://www.liberation.fr/france/2017/10 ... ux_1604379 - Article court.

http://www.liberation.fr/futurs/2017/10 ... ux_1604270 - Article long
A noter que de grands spécialistes sont venus faire la leçon, genre Cush man & Wak efield, à not' bons maires, histoire de les convaincre de la pertinence du modèle à courte vue. Dommage, ils ont juste oublié le retour d'expérience sur les centres commerciaux dont ils avaient pilotés la création et le développement, et leur catastrophe économique et environnementale après la baisse de fréquentation et la fermeture très peu d'années après ... Ça fait bouffonnerie moyennement sérieuse.

Bref : http://www.liberation.fr/futurs/2017/09 ... nt_1595648

Donc aucune raison pour que la part de la voiture dans les déplacements évolue dans le sens d'une maîtrise des impacts écologiques et d'une réduction des trajets... avec une asphyxie des centres villes des agglos moyennes, qui de fait entraînent moins de pertinence pour leurs TC (vu qu'il y a de moins en moins de raison d'y venir pour y faire quelque chose), et au final une notion d'obsolescence rapide du modèle urbain. Au lieu de reconstruire la ville sur la ville, on préfère stériliser le substrat : en gros, on tue la plante qui permet au sol d'accueillir des plantes, des bestioles, d'obtenir une symbiose entre les différents composants ; et de se perpétuer, quoi, et on reporte les investissements et l'entretien de plus en plus loin du centre...

Autre incidence et pas des moindres : on en parle de l'imperméabilisation des parkings et des surfaces couvertes par milliers de m² ? L'eau qui tombait sur la terre, maintenant, elle est canalisée et balancée "ailleurs" ; donc les nappes aquifères ne sont plus autant alimentées, et ho surprise : il y aurait sécheresse, ma p'tite dame, mais ça n'a rien à voir, parole. Ben ça alors. :knuppel2:
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar phili_b » 03 Nov 2017, 15:23:32

xouxo a écrit : (une zone commerciale déguisée en village...)

C'est un peu bizarre effectivement.

Mais à tout prendre comme je déteste les hyper marchés couverts d'où on ne peut pas sortir, ça rend l'usage un peu plus humain. Attention je ne parle pas de tout le reste qu'il y autour, notamment l'accès en voiture uniquement, ni du trop grand pouvoir de la grande distribution et de leurs méthodes commerciales. Mais ça doit être assez artificiel et glauque en dehors des heures d'ouverture sans "vraie" vie citadine. Un peu comme le carré de Soie qui a le même concept sauf qu'il est un peu plus dans la ville.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar nanar » 03 Nov 2017, 20:37:15

Salut

xouxo a écrit :Au moins on essaye pas de nous faire prendre des vessies pour des lanterne comme ici :
https://www.google.fr/maps/place/91640+Briis-sous-Forges/@48.8515556,2.7845322,118a,35y,39.48t/data=!3m1!1e3!4m5!3m4!1s0x47e5d4634d9f5ae7:0x40b82c3688b4910!8m2!3d48.62436!4d2.123584 (une zone commerciale déguisée en village...)

Ah c'est la zone dans le cercle, entièrement contrôlée par Disney
(pas celui que vous aimiez sans doute gamins, mais les héritiers du frère qui gérait les affaires).
Les canons américano-disneyens appliqués dans leur jus le plus rentable.
N'y cherchez surtout pas " d'humanisme et de culture européenne" : ... si tant est que ça existe encore, ça n'a rien à faire ici.

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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar amaury » 04 Nov 2017, 17:39:34

Il y a quand même des trucs intéressants dans le coin :
  • les parkings sont à l'extérieur et, comme l'a fait remarquer BBarchi, ils donnent sur les poubelles alors que les entrées les plus travaillées sont dans la "rue piétonne"
  • les lotissements pavillonnaires d'à côté ont intégré de véritables axes type voies vertes (pour le loisir probablement mais aussi pour sécuriser les trajets entre voisins, notamment pour les enfants) et même des liaisons plus directes à pieds / vélo qu'en voiture (https://www.google.fr/maps/place/91640+ ... 4d2.123584 )

Allez, il reste plus qu'à :
  • garder le principe des parkings à l'extérieur
  • garder le principe des liaisons directes et sécurisées pour modes actifs (trajets piétons / vélos plus directes que les voitures, comme à Saint-Marcel-en-Dombes)
  • mettre au centre de l'espace public une bonne desserte TC (comme sur l'île nouvelle d'Ijburg à Amsterdam)
  • mixer les fonctions (avoir aussi des emplois tertiaires et des logements au cœur de cette commerciale piétonisée, notamment locatifs et en accession à la propriété pour varier les profils de ménages et les âges)
  • installer des services du quotidien au cœur du quartier (maisons des services publics et démarches administratives, maisons médicales, locaux associatifs...)
... et on aura réinventé un morceau de ville ... mais en version soutenable contrairement aux quartiers spécialisés qui continuent à sortir de terre au milieu de nulle part (comme là !)...

ça couterait plus cher à la collectivité ? Même pas. L'argent investi serait largement économisé sur le reste des postes de dépense des collectivités (en premier lieu l’État). Et mieux ! Une partie de ces charges pèsent aujourd'hui sur le coût du travail même si, proportionnellement, c'est de moins en moins (protection sociale à travers l'accidentologie, la pollution...). Mais pour aller dans cette direction, il faudrait avoir compris que le modèle actuel est une impasse. Malheureusement, il arrange trop de monde (grandes surfaces, propriétaires fonciers, entreprises pour leurs locaux, acteurs du BTP/VRD, ménage à ressources faibles mais qui veulent absolument leur maison...) et d'autres se font avoir en croyant trouver là un intérêt pour leur territoire et donc pour l'intérêt général (élus et habitants de petites communes, d'intercommunalités...). :(

P.S. Quelqu'un connait ce genre de problèmes sur la prise de vue : https://www.google.fr/maps/place/85+Che ... d2.1304539 ?
A quand le retour des trolleys sur l'axe A2 ?!? Pourquoi attendre le TOP ??? En attendant, RDV sur les traces du FOL: http://folsaintjust.free.fr.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 05 Nov 2017, 18:42:41

P.S. Quelqu'un connait ce genre de problèmes sur la prise de vue : https://www.google.fr/maps/place/85+Che ... d2.1304539 ?


;D

Nan, ce n'est pas le rayon d'la mort du poste de DCA numérique et son laser de la mort qui tue. C'est juste une illustration que les panneaux solaires peuvent générer une gêne visuelle pour les oiseaux (en fer ou à plumes d'ailleurs), suffisamment violente pour qu'on commence à en parler discrètement.

Je pense que les vitrages de panneaux solaires satinés ou dépolis que les labos de R&D chez les fabricants français avaient dans l'idée de proposer répondraient bien mieux et plus discrètement à ce réel problème.
Mais c'était avant, avant qu'ils soient atomisés par les errements d'EDF sur le modèle économique, puis le coup de grâce de la concurrence étrangère opportunément toujours présente en fin d'agonies... >:(
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar amaury » 06 Nov 2017, 10:10:18

Merci ! :pouce:
A quand le retour des trolleys sur l'axe A2 ?!? Pourquoi attendre le TOP ??? En attendant, RDV sur les traces du FOL: http://folsaintjust.free.fr.
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Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar xouxo » 06 Nov 2017, 23:31:24

Pour ma part, je fustigeais particulièrement l'aspect "décor de théatre" du village de marque en question. La c'est vraiment du 100% faux : on mets les magasins dans maisonnettes avec étages https://goo.gl/maps/HnHhE2Wd5Yt parce que c'est mignon, mais cet étage est vide et fictif (on le vois quand on rentre à l'intérieur) et ne sert ni de logement ni de remise, rien.

Mais tous n'est pas à jeter dans l'urbanisme à la Disney, et notamment sa capacité à faire accepter une certaines densité à proximité des gares (voir :https://goo.gl/maps/BbziBDzjxMo).
Mais dès qu'on dézoome un peu on retrouve les voiries surdimensionnées habituelles des zones périphériques : https://goo.gl/maps/7b1Vrdci5UG2

Enfin, Amaury tu as noté les cheminement piétons, qui peuvent être bien utiles (chemin vers une école :https://goo.gl/maps/BLrtgtuT2kR2)
Je note cependant la fâcheuse tendance "paysagère" à faire zigzager les chemin piétons (pour faire romantique?) : https://goo.gl/maps/4AuXFZuKtf62
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BBArchi
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Localisation : Complètement à l'Ouest. Mais de moins en moins seul dans ce cas ........Block Friday !

Re: Urbanisme, périphérie, suburbia...

Message non lupar BBArchi » 07 Nov 2017, 00:05:17

Dans les exemples, j'ai toujours le plus grand mal à supporter la déco "pseudo village ardéchois / mediterranéen" du cc de Guilherand-Granges, en face de Valence, coté Ardèche. Même constat, les étages ne servent strictement à rien, même pas à des bureaux ou des locaux du personnel, dont la petite lumière permettrait d'animer de façon "utile" et réaliste...

Un décor de cinéma cheap, sous une verrière particulièrement lourdingue et écrasante... angoisse. :( Pourtant, ils ont mis le prix pour les décors...
Désolé pour la taille des images, j'ai eu la flemme de les réduire... Je supprimerai la visu sur le topic prochainement, en conservant les liens...


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Le plus fou, c'est qu'à l'extérieur, le cadre est particulièrement riche esthétiquement... mais rien n'a été fait pour inciter à s'en rendre compte.
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